“ Pourquoi l’homme ne peut-il subsister éternellement comme le ciel et la terre ? C’est parce qu’il se laisse aveugler par ce qu’il voit et ce qu’il entend, parce qu’il se laisse séduire par ses sensations et ses perceptions. Son corps, qui n’est qu’une chose illusoire, l’enchaîne comme des ceps de fer ; il recherche avec trop d’ardeur les moyens de vivre, et ne sait pas étouffer les passions désordonnées ni les appétits sensuels. De là vient que le saint homme déracine et expulse les illusions du siècle ; il s’abaisse pour nourrir sa volonté, et il oublie son corps pour conserver sa pureté. ”
Lao Zi
Élements biographiques
Lao Zi, figure semi-légendaire du VIe siècle av. J.-C., est considéré comme le fondateur du taoïsme et l’auteur du Tao Te King (« Livre de la Voie et de la Vertu »), texte fondateur de sa philosophie. Son œuvre, marquée par le concept du Tao (la Voie) et de l’wu wei (l’action non contrainte), prône la simplicité, la non-résistance et la concorde avec la nature.
À travers des paraboles et des paradoxes, il critique les excès sociaux et politiques, insistant sur la vertu, l’humilité et la retenue. Ses idées, transmises par des traductions comme celle de Jules Besse, ont influencé des courants philosophiques et religieux à travers l’histoire.
Citations de Lao Zi
“ Qui pourrait, comme le Tao, suffire complètement au travail qu’exige la production des êtres, et ne refuser à aucun d’eux l’assistance dont il a besoin ? Lorsqu’un homme a acquis du mérite, il ne manque pas de s’y attacher (et de s’en faire gloire) . Qui pourrait, comme le Tao, parvenir au comble du mérite et le regarder comme s’il lui était étranger ? Si quelqu’un nourrit lui-même un enfant, il devient nécessairement son maître. Qui pourrait, comme le Tao, porter au suprême degré la vertu qui fait aimer et nourrir les êtres, et ne pas les regarder comme son bien particulier ? ”
Lao Zi,
Lao-tseu traduit par Jules Besse
“ À contempler l’homme qui ne fait rien pour s’emparer des cœurs dans l’empire l’empire d’un grand engouement est pris. Comment sais-je qu’il en est ainsi ? voici : C’est quand on dresse le plus de barrières pour protéger le peuple que le peuple est le plus misérable. C’est quand le peuple est le plus âpre au gain et le mieux outillé que la folie met en péril l’état et la famille. C’est quand la science se vulgarise le plus et quand les intellectuels pullulent qu’il surgit le plus de maniaques et de bizarreries. ”
