Gaston Deschamps

Gaston Deschamps

Résumé

Portrait de Gaston Deschamps Gaston Deschamps Sur les routes d'Asie (1894)

On déroule le chatoiement velouté des tapis. L'Européen, en achevant sa dernière gorgée de café, se laisse ensorceler par le charme d'un beau rêve. Fou de pittoresque, il voit, dans son salon, bien loin, au pays des brumes, l'admiration jalouse de ses amis quand il rapportera ces merveilles. Sa maison prendra l'aspect d'un sérail : partout des yatagans, des pistolets incrustés d'argent, des poignards de Damas, des tapis de Bokhara, des tentures de Karamanie! Lui-même se contemple dans un nuage d'aromates, chaussé de babouches, coiffé d'un fez, comme un pacha, comme un émir, comme un sultan!
Source : Gallica

Portrait de Gaston Deschamps Gaston Deschamps Sur les routes d'Asie (1894)

Pour les Grecs, une montagne est tout simplement une chose hostile, dure aux pieds, et qu'il faudrait raser de la surface du sol, avec beaucoup d'oques de dynamite. L'idéal de ces montagnards, que le sort a condamnés à vivre parmi des rocs, ne va pas au delà d'un paysage sobre, avec des routes rectilignes, des jardins régularisés au sécateur, des villes percées de rues droites, et quelques collines basses, d'où l'on puisse dominer les alentours. Parler politique sur un trottoir, voilà ce qu'il faut aux Grecs, tandis que les Turcs sont amoureux des platanes et des sources.
Source : Gallica

Portrait de Gaston Deschamps Gaston Deschamps Sur les routes d'Asie (1894)

On dirait des Turcs d'opérette-bouffe, subitement pétrifiés au milieu d'une danse macabre;
Quelles jolies rues tortueuses, rafraîchies d'eaux courantes ! Les maisons de Kara-Sou sont jetées un peu au hasard sur les étages d'un coteau qui se dresse au-dessus de l'abîme profond des gorges. Les faubourgs ont l'air de s'accrocher aux ravins, comme s'ils avaient peur de dégringoler en bas. Un chemin pavé, pareil au chemin de ronde d'un donjon, monte aux hauts quartiers, ou se trouvent le bazar, les auberges et les autorités. Le pas rapide des chevaux, qui sentent l'écurie, sonne sur les dalles.
Source : Gallica

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