Théophile Gautier,
Constantinople
(1891)
“ Une femme, même turque, n’est jamais fâchée qu’on la regarde, et le secret de sa beauté lui pèse toujours un peu.Aux eaux douces d’Asie, en me tenant immobile contre un arbre ou adossé à la fontaine comme quelqu’un qui s’endort dans quelque vague rêverie, j’ai pu voir plus d’un charmant profil qu’estompait à peine une vapeur de gaze, plus d’une gorge pure et blanche comme un marbre de Paros s’arrondissant sous le pli d’un feredgé entr’ouvert, tandis que l’eunuque se promenait à quelques pas ou regardait passer les bateaux à vapeur sur le Bosphore, rassuré par mon air distrait et morne. ”
