Résumé

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Aziyadé (1879) Extrait des notes et lettres d’un lieutenant de la marine anglaise entré au service de la Turquie le 10 mai 1876 tué dans les murs de Kars… (1879)

Il est minuit, la lune promène sur mon papier sa lumière bleue, et les coqs ont commencé leur
chanson nocturne. On est bien loin de ses semblables à Eyoub, bien isolé la nuit, mais aussi bien paisible. J'ai peine à croire, souvent, que Arif-effendi, c'est moi ; mais je suis si las de moi-même, depuis vingt-sept ans que je me connais, que j'aime assez pouvoir me prendre un peu pour un autre.
Aziyadé est en Asie ; elle est en visite, avec son harem, dans un harem d'Ismidt, et me reviendra dans cinq jours.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Aziyadé (1879) Extrait des notes et lettres d’un lieutenant de la marine anglaise entré au service de la Turquie le 10 mai 1876 tué dans les murs de Kars… (1879)

C'était une froide nuit de janvier ; une brume glaciale embrouillait les grandes ombres de Stamboul, et tombait en pluie fine sur nos têtes. Nous ramions, Achmet et moi, à tour de rôle, dans le caïque qui nous menait à Eyoub.
A l'échelle du Phanar, nous abord âmes avec précaution dans la nuit noire, au milieu de pieux, d'épaves, et de milliers de caïques échoués sur la vase.
On était là au pied des vieilles murailles du quartier byzantin de Constantinople, lieu qui
n'est fréquenté à pareille heure par aucun être humain.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Aziyadé (1879) Extrait des notes et lettres d’un lieutenant de la marine anglaise entré au service de la Turquie le 10 mai 1876 tué dans les murs de Kars… (1879)

Aziyadé te fait dire qu'elle ne vit pas sans toi ; qu'elle ne voit pas le moment de ton retour à Constantinople ; qu'elle ne croit pas qu'elle puisse jamais voir tes yeux face à face et qu'il lui semble qu'il n'y a plus de soleil. Loti, les paroles que tu m'as dites, ne les oublie pas ; les promesses que tu m'as faites, ne les oublie jamais ! Dans ta pensée, crois-tu que je peux être heureux un seul moment sans toi à Constantinople ? Je ne le puis pas, et, quand tu es parti, mon coeur s'est brisé de peine.
Source : Gallica

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