Pierre Loti

Pierre Loti

Aziyadé (1879)

Résumé

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Aziyadé (1879)

Un soleil radieux vient de grand matin nous éveiller, et quatre à quatre nous dégringolons les sentiers qui mènent à la Corne d’or. Un caïque matinal est là qui nous attend.
La multitude des cases noires de Pri-pacha, étagées là-haut en pyramide, baignent dans la lumière orangée, et toutes les vitres étincellent. Eriknaz et Alemshah nous regardent de loin partir, perchées, en robes rouges, au soleil levant, sur le toit de leur maison.
Voici Eyoub qui passe, voici le café de Suleïman, la petite place de la mosquée, et la case d’Arif-effendi, en pleine lumière du matin.
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Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Aziyadé

Je n’aimais pas encore ce pays comme je l’ai aimé plus tard ; je l’observais en touriste ; et Stamboul, dont les chrétiens avaient peur, m’était à peu près inconnu.
Pendant trois mois, je demeurai à Péra, songeant aux moyens d’exécuter ce projet impossible, aller habiter avec elle sur l’autre rive de la Corne d’or, vivre de la vie musulmane qui était sa vie, la posséder des jours entiers, comprendre et pénétrer ses pensées, lire au fond de son cœur des choses fraîches et sauvages à peine soupçonnées dans nos nuits de Salonique, — et l’avoir à moi tout entière.
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Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Aziyadé

Partir le matin de l’Atmeïdan, pour aboutir la nuit à Eyoub ; faire, un chapelet à la main, la tournée des mosquées ; s’arrêter à tous les cafedjis, aux turbés, aux mausolées, aux bains et sur les places ; boire le café de Turquie dans les microscopiques tasses bleues à pied de cuivre ; s’asseoir au soleil, et s’étourdir doucement à la fumée d’un narguilhé ; causer avec les derviches ou les passants ; être soi-même une partie de ce tableau plein de mouvement et de lumière ; être libre, insouciant et inconnu ; et penser qu’au logis la bien-aimée vous attendra le soir.
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