“ Stamboul, décolorée et maussade, était comme une ville du Nord.Tout à coup, le soleil perça les nuages. Je sentis sa caresse chaude sur mes épaules et sur ma nuque, et je vis la mer s'illuminer autour de moi: c'était comme une nappe de rayons qui se répandait sur l'eau, et courait, plus vite que le caïque, vers Stamboul. L'ombre fuyait devant, et la ville fut conquise d'un seul bond par l'assaut du soleil.—Ce fut un miracle. Les palais, les mosquées, les maisons, et chaque pierre des remparts, et chaque feuille des jardins, furent autant d'êtres vivants et frémissants sous la lumière d'or. ”
Stamboul
Définition et enjeux
Stamboul désigne à la fois une ancienne ville fortifiée et le nom d’un journal français publié à Constantinople, aujourd’hui Istanbul, de 1875 à 1962. Ce quotidien, fondé par les frères Hanly, reflétait le lien culturel entre la France et l’Orient.
Les auteurs comme Yvonne Vernon ou Claude Farrère en évoquent l’ambiance mystérieuse et la beauté changeante, tandis que des textes techniques, comme ceux de Henry Hentsch, décrivent ses difficultés géographiques. Le passage du nom « Stamboul » à « Istanbul » en 1934 marque un tournant historique, illustrant l’évolution de la ville et de ses images.
Citations sur “Stamboul”
Henry Hentsch, Deux années au Dahomey, 1903-1905… (1916)
“ Nous sommes de nouveau en pleine mer, nous sommes pris en travers par de longues et lentes ondulations qui nous balancent plus que jamais. Le Stamboul n'a pas de quille, de sorte qu'il ne résiste pas au moindre mouvement des vagues. ”
Joseph-François Michaud,
Correspondance d’Orient, 1830-1831
“ Les flots sont couverts de barques, de nacelles qui vont d’un rivage à l’autre ; là, plusieurs vaisseaux de ligne nous montrent l’oriflamme du Croissant ; plus loin, nous voyons une forêt de mâts, où brillent les pavillons de tous les pays. Mais cette grande image de Stamboul ne se compose pas seulement de ce qui est autour de vous ; tout ce qu’on aperçoit dans l’horizon lointain en fait partie ”
Yvonne Vernon,
Chine. Japon. Stamboul
(1925)
“ Ce n'est qu'en vivant dans Stamboul, en flânant sur ses places devant une mosquée, en s'abandonnant au hasard de ses petites rues capricieuses et muettes, où n'apparaissent de loin en loin que l'ombre d'un grand eunuque et la silhouette courbée d'un saint derviche distributeur d'eau « pour l'âme des morts », ou encore en s'asseyant sur la pierre d'un de ses cimetières, que son charme, d'abord dérobé, se laisse pénétrer, vient à vous, vous enveloppe bientôt irrésistiblement, au point de vous faire appréhender d'y échapper jamais. ”
Yvonne Vernon,
Chine. Japon. Stamboul
(1925)
“ Et à travers les vitres de la mosquée rayées de pluie, on aperçoit la Corne d'Or qui, fouettée par l'averse, remue ses eaux épaissies, des barques aux voiles charbonneuses, des détritus, formant une vivante bordure de marine au grand décor de Stamboul qui s'enlève là-bas sur le ciel pâle, grandiose et mort, comme une de ces villes ensorcelées que les génies des Mille et une Nuits construisaient pour une seule sirène et un magicien. ”
Henri de Régnier,
Revue des Deux Mondes
“ Le navire léger glisse sur l’onde plane ; La mer est transparente et l’air est diaphane ; L’alcyon nous précède et le dauphin nous suit. Sur Stamboul, que nos yeux connaîtront aujourd’hui, Un brouillard vaporeux flotte, s’étend et plane ; Les fuseaux des cyprès à des mains de sultane En ont filé les fils d’argent où de l’or luit. ”
Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ Stamboul est une ville fort montueuse et où l’art a fait bien peu de chose pour corriger la nature. On se sent sur un meilleur terrain quand on a pris le bout de cette longue rue des Mosquées, qui forme l’artère principale, et qui aboutit aux grands bazars. ”
Alexis de Valon, Revue des Deux Mondes
“ En deux minutes, on traverse la Corne d’Or, au milieu d’une affluence inouïe de canots de toutes formes, de navires de toutes nations, et l’on arrive à un débarcadère plus dangereux encore que le caïque, en ce que, croyant débarquer sur la terre ferme, on risque de sauter dans un égout, et de s’enfoncer jusqu’au cou dans un ruisseau de fange parfaitement caché sans une croûte de poussière en apparence solide. Les rues de Stamboul sont plus étroites, plus immondes, plus puantes encore que celles de Galata ou de Para. ”
Clara Filleul de Pétigny, L'Algérie, par Mlle Clara Filleul de Pétigny… (1846)
“ On voit, autour de Stamboul, des champs hérissés de ces pierres ; elles suffiraient pour former à cette grande ville une enceinte continue ; c'est ce qui fait dire que les morts occupent autant de terrain que les vivants. ”
Pierre Loti,
Oeuvres complètes de Pierre Loti…
(1893-1911)
“ En songe, mes retours imaginaires se passaient ainsi ; très vite, je glissais dans l'obscurité vers Stamboul, et, ce soir, je finis par avoir presque l'impression de n'être plus qu'un fantôme de moi-même, en route nocturne vers le pays que j'ai aimé. ”
Pierre Loti,
Oeuvres complètes de Pierre Loti…
“ Les cavaliers sont en tenue de campagne, l'air déterminé et superbe, prêts à se battre demain. Leur musique s'aligne en rond pour nous jouer un air étrange, d'une rare tristesse orientale, quelque chose comme une marche guerrière, lente et obstinée, vers un but qui serait la mort... Et, en écoutant, je me sens près de pleurer... De plus en plus, cette approche de Stamboul donne pour moi une importance exagérée aux choses quelconques de la route, change leur aspect, me les fait voir comme à travers du crêpe.À mesure que nous avançons vers la mer Noire, l'air se fait moins froid. ”
“ Qu’a-t-il donc ? murmuraient les icoglans stupides. Dit-on qu’il ait perdu, dans les courants rapides, Le vaisseau des parfums qui le font rajeunir ? Trouve-t-on à Stamboul sa gloire assez ancienne ? ”
“ LES TÊTES DU SÉRAIL. O horrible ! o horrible ! most horrible !Shakespeare. Hamlet. I Le dôme obscur des nuits, semé d’astres sans nombre, Se mirait dans la mer resplendissante et sombre ; La riante Stamboul, le front d’ombres voilé, Semblait, couchée au bord du golfe qui l’inonde, Entre les feux du ciel et les reflets de l’onde, Dormir dans un globe étoilé. ”
Joseph-François Michaud,
Correspondance d’Orient, 1830-1831
“ Je vous ai parlé des arabats dans lesquels on ne voit que des femmes et des enfans ; les gens riches ont aussi des voitures à peu près semblables, peintes en rouge et grillées comme les balcons des maisons turques ; ces voitures sont à l’usage des harems. Les habitans de Stamboul ne voyagent qu’à cheval, à pied ou dans des barques qu’on appelle des caïques. ”
Recueil de contes populaires slaves
“ Si du moins il était beau ; mais non, il a un nez arrondi et pointu comme un quartier de lune. Je frissonne à l’idée qu’un monstre aussi laid pourrait être mon époux. Est-ce ainsi que tu tiens ta parole ? — Sans doute, ma chère filleule. Le fils de l’empereur de Stamboul est réellement le plus beau et le plus noble des hommes. Enfin, s’il ne te plaît pas, renvoie-le. — Je n’ai pas attendu ton conseil, interrompit Zora. Je savais ce que j’avais à faire avec cet importun. J’ai bien su lui montrer la porte. — Qu’il soit fait comme il te plaira, reprit la Vila en croisant les bras ”
Charles-Florimond Matton, Le Croyant
“ Kémal, et ces vergers dont les fruits succulents, D’Albion font fléchir les vaisseaux tous les ans : Il essaîra peut-être, au soleil de l’aurore, D’en enrichir Stamboul, de les y faire éclore. Il croît en Occident un arbre aux rameaux verts, Un arbre cultivé dans tout notre univers ; Aucun n’a plus de sève, aucun n’est plus fertile ”
Marcelle Tinayre,
Revue des Deux Mondes
“ De quoi les touristes ont- ils peur ? Pourquoi suis-je presque seule dans cette ville, et pour- quoi Moïse jette-t-il sans cesse, autour de nous, des regards méfians ? Dans ce décor splendide et misérable, sous le soleil langoureux, parmi l’arôme épars des glycines, on peut bien oublier qu’une armée campe aux portes de Stamboul et que, demain peut-être, des hommes s’entre-tueront... ”
Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ Il vient de Stamboul, le firman (celui qui annonçait la destruction des janissaires) ! — Un vaisseau l’apporte, — Ali-Osman l’attend ; un vaisseau arrive, — mais le firman ne vient pas ; — tout le peuple est dans l’incertitude. — Un second vaisseau arrive ”
Pierre Loti,
Oeuvres complètes de Pierre Loti…
“ Et, encore une fois, l'oubli vient; je trotte, le cœur presque léger, m'intéressant aux choses singulières et grandiosement tristes de l'entour.Nous cheminons longtemps au milieu de ces quartiers presque inhabités, presque en ruines, qu'on appelle le «Vieux-Stamboul». Puis enfin, la gigantesque muraille crénelée, qui enferme tout cela, nous apparaît; nous en sortons par d'antiques portes ogivales, qui se succèdent en voûte obscure, et nous voici dans la campagne, dans le désert des tombeaux. ”
Karl May, Une maison mystérieuse à Stamboul… (1915)
“ Tu entends ? dit-il. Un homme saurait-il mentir à ce point? Je commence a croire que tu te trompes. — Et Isla se trompe-t-il aussi, quand il affirme avoir vu ce jeune drôle à Stamboul ? — Pourquoi ne se tromperait-il pas? Beaucoup de gens se ressemblent. Celui-ci pourrait bien être un pêcheur d'Inada, dont les traits rappellent ceux d'un derviche. — Laisse-moi te parler à l'écart, cadi. — A quoi bon ? — Je voudrais te dire une chose qu'il est inutile de faire savoir à tout le monde. — Tous les assistants doivent entendre ta communication : fais-la tout haut, effendi. ”
Alphonse Ravenel, Souvenirs de Champigny : Carnet d'un soldat… (1882)
“ A bord, c'est la même existence que j'ai essayé de vous dépeindre pour l'aller; seulement le sentiment et les pensées ne sont plus les mêmes. Au départ, on avait hâte d'arriver pour servir la France, partager la gloire des camarades et voir du pays; au retour, on a hâte d'arriver pour revoir son pays et sa famille. Nous passons devant Stamboul et nous faisons escale à Malte, où nous obtenons la permission de descendre à terre. ”
Karl May, Une maison mystérieuse à Stamboul… (1915)
“ Mafleï rentra promptement, accompagné d'Isla. Je me tournai de manière qu'il ne me vît point en arrivant. Le jeune homme embrassa son oncle, puis jeta un regard autour de lui. Tout à coup il reconnut Halef. " Allah hou! s'écria-t-il, hadji Halef Omar-aga! toi ici, à Stamboul ! Je te salue, toi le serviteur et l'appui de mon ami Kara ! ”
Pierre Loti,
Les Désenchantées — Roman des harems Turcs contemporains
“ Alors il se rappela que Stamboul, la ville du silence tout le reste de lannée, était, pendant les nuits du Ramazan, plein de musiques, de chants et de danses; parmi ces foules, il est vrai, on napercevrait point les femmes, même pas sous leur forme ordinaire de fantôme qui est encore jolie, puisque toutes, depuis le coucher du soleil, devaient être rentrées derrière leurs grilles; mais il y aurait mille costumes de tous les coins de lAsie, et des narguilés, et des théâtres anciens, et des marionnettes, et des ombres chinoises. ”
Centenaire de l'Ecole des langues orientales vivantes… (1895)
“ Après six jours de relâche, j'ai pris passage sur un navire à vapeur qui m'a transporté en une nuit à Stamboul ; c'était le 3 du premier mois de la vingt-cinquième année du règne de Tao-Koang (l'an 1261 de l'hégire) ; j'ai demeuré deux mois dans la maison de commerce de Yerimou e, dans la rue Bazari Mahmoudf. Stamboul est situé au point de jonction de la mer Noire avec la mer de Roum; le bras qui les réunit s'appelle Marmara9 et se trouve enserré entre trois territoires, celui d'Islamboulh, celui de Qaltha (2) i (Galata) et celui de Uskudarj (Scutari) ”
G. Valbert,
Revue des Deux Mondes
“ Aujourd’hui les effendis de Stamboul ne peuvent compter sur rien que sur l’impatience de ceux qui aspirent à les remplacer. Il arrive parfois qu’à peine installés dans leur résidence, on les met à pied ou qu’on les expédie du nord au midi, de Roustchouk à Bagdad. Ils n’ont pas le temps de faire du bien, ils ont toujours le temps de faire du mal. ”
Adrienne Piazzi, Nouvelle Schéhérazade... (1885)
“ Je suis bien heureuse de vous voir, me dit-elle en appuyant sa main amaigrie sur sa bouche pour atténuer une petite toux sèche qui rougissait les pommettes de ses joues. Savez-vous que Djémil-Bey nous quitte bientôt ? Le pacha en est tout contristé ; il y avait si longtemps qu'il n'avait séjourné parmi nous ! — Et où va-t-il encore ? Allah ! que les marins sont peu stables ! Ne se plaît-il donc pas à Stamboul ?... ”
Karl May, Une maison mystérieuse à Stamboul… (1915)
“ Ibrahim Mamour ! Que sais-tu de lui? Où est-il? où,| l'as-tu vu? — Où je l'ai vu? Mais dans ma maison. Le scélérat a dormi sous mon toit... Je lui confiais mes joyaux. Il avait entre les mains plusieurs millions de mes valeurs... Et je n'ai pas un instant soupçonné dans cet homme votre mortel ennemi! ! A STAMBOUL 129 — Allah kerim ! mon âme devient comme de la pierre,... murmurait le vieux Mafleï. ”
Pierre Loti,
Les Désenchantées — Roman des harems Turcs contemporains
“ CINQUIÈME PARTIE XXX Au coeur de Stamboul, sous le ciel de novembre. Le dédale des vieilles rues, bien entendu pleines de silence, et aux pavés sertis dherbe funèbre, sous les nuages bas et obscurs; lenchevêtrement des maisons en bois, jadis peintes docre sombre, toutes déjetées, toutes de travers, avec toujours leurs fenêtres à doubles grillages impénétrables au regard.—Et cétait tout cela, tout ce délabrement, toute cette vermoulure, qui, vu de loin, figurait dans son ensemble une grande ville féerique, mais qui, vu en détail, eût fortement déçu les touristes des agences. ”
Claude Farrère,
L'homme qui assassina: Roman
“ Sur la rive d'Europe et sur la rive d'Asie, voici que les maisons de bois s'éclairent, fenêtre après fenêtre. On chemine entre deux illuminations; non point des illuminations modernes et brutales, à l'électricité, à l'acétylène; des illuminations de jadis, aux bonnes vieilles chandelles, des illuminations de Watteau, pareilles à des rangées d'étoiles....Les roues du chirket battent l'eau calme à grands coups. Et là-bas, à l'horizon, Stamboul se rapproche: les petites lances bleuâtres grandissent et se précisent.Quand on double la pointe du vieux Sérail, il fait tout à fait nuit. ”
Émilien Frossard,
Lettres écrites d'Orient par Émilien Frossard…
(1856)
“ Nous essuyons un §rain , à travers lequel Stamboul et Péra nous apparaissent tout brillants de soleil et encadrés dans un immense arc-en-ciel, aspect féerique devant lequel la peinture serait aussi impuissante que les descriptions. Des nuées de goélands obscurcissent l'air; des troupes de plusieurs centaines de marsouins agitent violemment la surface de la mer, sur laquelle on les voir bondir et s'étaler, agiles et joyeux. Toute la nature revêt un air de splendeur ”
Karl May, Une maison mystérieuse à Stamboul… (1915)
“ Le pauvre négociant est venu chercher fortune en Orient; il a habité Stamboul, puis Andrinople. C'est là que je l'ai connu. Il est depuis un an à Scutari, où ses affaires sont, je crois, en pleine prospérité. ”
Charles Berton, Quatre années en Orient et en Italie… (1854)
“ C'est la seule époque où l'on puisse le soir sortir sans lanterne. Les Européens en profitent ; car une promenade nocturne dans les rues de la ville turque pendant le ramazan est quelque chose de vraiment fort curieux. Rien de plus animé et de plus gai pendant le mois du jeûne que ces quartiers habituellement si déserts. Une nuit que nous avions parcouru Stamboul dans tous les sens, interpellant les Turcs, répondant a leurs questions, riant avec eux, goûtant de leurs mets, nous voulûmes revenir à Péra en passant par le pont de bateaux qui se trouve sur le port. ”
Karl May, Une maison mystérieuse à Stamboul… (1915)
“ A STAMBOUL 247 du bazar ; mais il me permettait aussi de me cacher plus aisément pour l'épier. Malgré tous les zigzags qu'il lui plut de me faire décrire, je ne le lâchai point. Nous arrivâmes à la partie du bazar où sont les marchands d'habits. L'inconnu entra dans un caravansérail faisant face aux boutiques. Là je le tenais, car le serai n'avait qu'une seule porte. Seulement je me demandais si ma faction serait longue : l'Arménien habitait peut-être le caravansérail, peut-être aussi n'y ferait-il qu'une pause. ”
Pierre Loti,
Les Désenchantées — Roman des harems Turcs contemporains
“ Avant de déchirer l'enveloppe de celle-ci, qui pouvait fort bien être tout à fait quelconque, André s'arrêta, traversé soudain par ce frisson, toujours le même et d'ordre essentiellement inexprimable, qu'il avait éprouvé chaque fois que Stamboul s'évoquait à l'improviste au fond de sa mémoire, après des jours d'oubli. Et, comme déjà si souvent en rêve, une silhouette de ville s'esquissa devant ses yeux qui avaient vu toute la terre, qui avaient contemplé l'infinie diversité du monde: ”
Pierre Loti,
Les Désenchantées — Roman des harems Turcs contemporains
“ Stamboul changeait comme un mirage; rien ne s'y détaillait plus, ni le délabrement, ni la misère, ni la laideur de quelques modernes bâtisses; ce n'était maintenant qu'une silhouette, d'un violet profond liséré d'or, une colossale découpure de ville toute de flèches et de dômes, posée debout, en écran pour masquer un incendie du ciel. Et les mêmes voix qu'à midi, les voix claires, les voix célestes se reprenaient à chanter dans l'air, appelant les Osmanlis fidèles au quatrième office du jour: le soleil se couchait. ”
Émilien Frossard,
Lettres écrites d'Orient par Émilien Frossard…
(1856)
“ Patience, encore quelques révolutions d'hélices , et voici Stamboul dans toute sa gloire, la Corne-d'Or, la Pointe-du-Sérail, le château des Sept-Tours, Péra , Scutari, puis Top-Hané, où nous débarquons dans les sombres allées d'une forêt de bâtiments de toutes nations. Six hamals (portefaix) , aux larges épaules, s'emparent de nos effets après avoir disputé et criaillé pendant une demi-heure, comme l'auraient fait les portefaix d'Avignon. On nous arrête sur la route : c'est un autre individu qui crie plus fort que les autres ; il s'agite, il menace, il se jette sur les harnais ”
