Adrienne Piazzi

Résumé

Adrienne Piazzi Nouvelle Schéhérazade... (1885)

Que va devenir Djémil-Bey ? qu'allez-vous devenir vous-même ?
— Je veux mourir ! cria Prince avec égarement et se levant pâle et exaltée ; je veux briser mon front contre le marbre froid de Soouk-Tchesmé.
— Tais-toi, enfant ! tu offenses Allah. La mort ! qu'un tel mot ne franchisse jamais ta pensée ; ne peux-tu refuser l'honneur que te fait le pacha ? Je t'offre de venir habiter chez moi.
— Si j'étais seule, Hanoum-Effendi, je saurais bien me sauvegarder; mais ma mère désire ce mariage ; il comble ses espérances les plus chères, les plus ambitieuses
Source : Gallica

Adrienne Piazzi Nouvelle Schéhérazade... (1885)

La misère et le désordre règnent chez nous.
— Il est temps de partir, fit la comtesse. J'abandonne la chaire de l'université, et je vais avec vous à Hohenbourg.
— Mais comment apprendrons-nous à l'Empereur qu'Ulrich est une femme, notre soeur ?
— Vous ne lui direz rien. En voyage, les malheurs sont nombreux. Ulrich le professeur mourra en route. Ainsi je reprendrai mes habits féminins et l'humble place que j'ambitionne.
— Plutôt, chère Humilité, puisque tu as l'esprit viril d'un homme, garde ton habit et combats avec nous les mutins qui nous empêchent de vivre en paix à Hohenbourg.
Source : Gallica

Adrienne Piazzi Nouvelle Schéhérazade... (1885)

Les flots, la mer, les barques, les navires, voilà son seul amour ! Il juge les vagues moins changeantes que l'esprit d'une
femme et préfère l'écume qui jette sa rame frappant l'eau aux pleurs qui couleraient pour lui sur un doux visage.
— Étrange caractère ! » murmurai-je. Et mon coeur se serra au souvenir de Prince, dont le délicieux profil passa devant mes yeux baissés. « Djémil-Bey ne se mariera-t-il pas un jour? interrogeai-je ; le foyer conjugal fixe quelquefois ces têtes légères.
— Je le sais, et je l'espère, dit Nimète ; l'amour du foyer, je n'en doute pas, opère des prodiges. »
Source : Gallica

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