Résumé

Albert Eynaud Revue des Deux Mondes T.105, 1873

Un rayon de soleil, pénétrant à travers les interstices des jalousies, s’arrêta sur les franges de son voile ; il descendit jusqu’à ses sourcils blonds, et, derrière leurs longs cils dorés par cette furtive lumière, les. yeux noirs d’Elmas brillèrent d’un éclat plus doux. Elle avait des cheveux noirs et un teint un peu pâle pareil à celui des roses d’hiver ; la vie de harem, qui le plus souvent déforme et abrutit les femmes, avait donné à celle-là quelque chose de la calme beauté d’une fleur de serre.
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Albert Eynaud Revue des Deux Mondes T.105, 1873

Nous autres Européens, nous n’admirons guère les grosses femmes qui marchent à la façon des oiseaux de basse-cour ; mais on sait qu’en matière de goût il n’y a pas à raisonner. Quoi qu’il en soit, Nedjibé était fière de ses charmes, et, comme Elmas lui ressemblait aussi peu que possible, elle la dédaignait autant qu’elle la haïssait. — Je suis honteuse, disait-elle à ses amies, d’habiter le même harem que cette femme pâle et maigre, qui chante des chansons franques et s’habille comme les infidèles, — que Dieu les confonde !
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Albert Eynaud Revue des Deux Mondes T.105, 1873

Quelle méchanceté ! reprit-elle. Il n’y a qu’une bête féroce pour blesser un si beau bras ; Elmas en était sans doute jalouse. Il ne lui restera plus qu’à mourir d’envie quand elle te verra parée des belles robes que tu vas m’acheter. Elles ne viennent pas d’Allemagne comme celles de Fatma-Hanem et de Sélimé-Hanem ; ce sont des soieries de Lyon. Je ne suis pas pressée d’avoir ton argent ; tu me paieras plus tard.
Elle déroula les étoffes. Malgré tout son chagrin, Nedjibé regardait d’un œil d’admiration les pièces de soie chatoyantes étendues sur le tapis.
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