Jean Aicard,
Au bord du Désert: L'âme arabe…
(1888)
“ Ne te dérange pas, Mohamed... reste assis !Le marcheur du désert n’aime pas l’oasis.Un jour, ô Mohamed ! un jour d’été terrible,Quand pleuvent les rayons comme les grains d’un crible,Le soleil frappera mes regards et mon frontD’un trait, d’un coup mortels, dont mes yeux brûleront.Mohamed ! — Il boira ma sueur, puis ma sève,Mes pleurs ! — Et mon esprit fera son dernier rêve ! —Je sentirai ma moelle en mes os se sécher ;Et, dans le sable en feu, ne pouvant plus marcher,Il faudra bien m’asseoir au penchant de la dune ! ”
