“ Quand c’est beau, on dit que c’est beau, sans en chercher davantage. Économie de temps et d’imagination. Oh ! que c’est beau ! ce glacier du mont de Lans, avec devant soi les Écrins, les crêtes du Pelvoux, le pic des Grandes-Rousses et le mont Blanc, l’inévitable mont Blanc, olympienne silhouette qui, de quelque côté qu’on se place, coupe le ciel ! Oh ! que c’est beau ! ces couloirs de neige aux tons d’aigue-marine ! oh ! que c’est beau l... Et que c’est gentil, la Garde : pâturages, fleurs et sources limpides, fraiches, tout ce qu’il faut pour servir de décor aux bergeries de Théocrite ! ”
Gaston Donnet
Élements biographiques
Gaston Donnet (1867-1908), journaliste français, distingue son œuvre par une prose poétique et descriptive qui célèbre la majesté des paysages naturels. À travers Le Dauphiné et En Sahara, à travers le pays des Maures nomades…, il explore la tension entre l’immensité des montagnes et la vulnérabilité humaine, ou la dureté du désert et la force de ses habitants.
Son écriture, à la fois scientifique et lyrique, interroge la relation de l’homme à l’environnement, oscillant entre admiration et mélancolie face à la beauté fugace du monde.
Citations de Gaston Donnet
Gaston Donnet, En Sahara, à travers le pays des Maures nomades… (1898)
“ Le sol est traître : il s'émiette, il se dérobe, il s'affaisse, il s'écroule. Le vent le fait tour à tour dune et steppe. Et pourtant, de cet insaisissable est sorti le tangible. Le travail des siècles a marqué son oeuvre dans l'incertain. D'abord, ce fut le sable des masses gréseuses, réserve des temps dévoniens... Puis l'océan est arrivé, recouvrant ce sable, pénétrant quartz et gneiss, formant de leurs molécules une gigantesque chaussée — peuplée aux premiers âges de limules et de nautilides, semée aujourd'hui d'algues et de fucus. Cette chaussée s'appelle : le Bancd'Arguin. ”
“ Vallée de Graisivaudan. — Vers Domène. Que deviendrait cette neige, si elle ne suivait le chemin des vallées ? Songez qu’en moins de cinq siècles Belledonne aurait doublé de hauteur et que déjà le mont Blanc menacerait de défoncer la calotte du ciel !... La houille noire s’épuise, nos arrière-petits-fils n’en auront plus. La houille blanche, au contraire, toujours se renouvelle. C’est la jeunesse des Alpes. L’homme la saisit, l’enserre dans d’étroits vêtements de granit, la fait se précipiter en rapides, se ruer en cataractes... Docile, elle laisse agir l’homme. ”
