M. Paul Merruau

Résumé

M. Paul Merruau Le Tour du monde

Le soleil qui se lève resplendissant à l’est couvre de ses feux une partie de la nappe d’eau, tandis que l’autre partie reste plongée dans l’ombre projetée par les dunes. Le lac étant agité par le vent léger du matin, la partie éclairée ressemble à un diamant dont chaque facette renvoie les rayons. Il est impossible de fixer longtemps la vue sur ces eaux où le soleil semble plongé et du fond desquelles il renvoie à la surface des feux éblouissants. Mais on le retrouve en relevant les yeux. Il monte rapidement à l’horizon et tombe d’aplomb sur le désert qui sert de cadre aux eaux du lac.
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M. Paul Merruau Le Tour du monde

Il enflamme ces vastes plaines, il dessèche les terres, il les torréfie, il les broie. Nul ne peut se faire une idée de sa puissance s’il ne l’a pas vue s’exercer dans le désert où rien ne combat son action dévorante. Il nuance l’azur céleste de toutes les couleurs du prisme, et dégrade ses teintes avec des transitions inimitables, depuis le rose pâle jusqu’à l’éclat insoutenable du fer chauffé à blanc.
Accoudé sur le balcon nous laissons volontiers notre imagination courir au delà du lac de Timsah en suivant jusqu’à Suez le tracé du canal des deux mers.
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M. Paul Merruau Le Tour du monde

La solitude dans ces terres désolées est effrayante, surtout parce que leur physionomie uniforme ne donne aux voyageurs étrangers aucune indication du chemin à suivre. Privé de boussole, un piéton peut errer des semaines entières dans le désert en tournant sur lui-même et presque sans changer de place. Mais traverser cette région en suivant le cours d’une eau vive et saine qui vous conduit sûrement à destination ; contempler sans fatigue cette scène qui se déroule à mesure que l’embarcation avance et qui certes n’est pas sans grandeur, c’est pour un touriste une tentation fort naturelle.
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