Louis de Ségur, Une Caravane française en Égypte au printemps de 1860
“ J’aime passionnément le désert. À ce sentiment se joignait chez moi un goût très vif pour la vie de caravane. Et comment ne pas aimer la caravane ? C’est un petit état qui se transporte, une patrie ambulante. On s’attache peu à peu à chaque homme, voire à chaque bête. Le besoin qu’on a les uns des autres crée une sorte d’affection mutuelle. L’on peut à l’aise suivre et observer les caractères : dans le tête-à-tête forcé de cette vie, tendances, qualités, tout se révèle : les hommes emportent du goût ou de l’éloignement les uns pour les autres, mais rarement de l’indifférence. ”
