Résumé

Louis de Ségur Une Caravane française en Égypte au printemps de 1860

J’aime passionnément le désert. À ce sentiment se joignait chez moi un goût très vif pour la vie de caravane. Et comment ne pas aimer la caravane ? C’est un petit état qui se transporte, une patrie ambulante. On s’attache peu à peu à chaque homme, voire à chaque bête. Le besoin qu’on a les uns des autres crée une sorte d’affection mutuelle. L’on peut à l’aise suivre et observer les caractères : dans le tête-à-tête forcé de cette vie, tendances, qualités, tout se révèle : les hommes emportent du goût ou de l’éloignement les uns pour les autres, mais rarement de l’indifférence.
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Louis de Ségur Une Caravane française en Égypte au printemps de 1860

La nature change subitement d’aspect. Elle paraissait maîtriser l’homme, maintenant l’homme la maîtrise et l’asservit. Cette petite colonie n’est-elle pas comme le sceau de l’Europe imprimé sur le vieil Orient ? Et l’Europe possède une telle exubérance de forces, un souffle de vie si puissant, que l’imagination voit aussitôt des canaux au milieu des sables, des cités dans le désert ; le ciel est noirci par la fumée des hauts-fourneaux ; une animation prodigieuse, un bruit confus et immense s’élève du sein de la solitude.
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Louis de Ségur Une Caravane française en Égypte au printemps de 1860

La terre est la source de toute vie : elle produit sans cesse ; dans le désert seul, elle ne paraît rien produire. On dirait un espace oublié par Dieu et obéissant à des lois uniques ; mais, en descendant dans son cœur, on sent que Dieu ne l’a pas oublié : il a mis dans l’âme des nomades, des voyageurs même, une sympathie indéfinissable pour ces steppes sévères, qui avaient alors pour moi l’attrait de la nouveauté, mais que j’aimai de plus en plus. Ce sentiment se fortifia encore lorsque je visitai la Syrie.
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