Pierre Loti,
Le désert (47ème édition)
(1896)
“ Au jour levé, le temps est redevenu calme, immobile. Alors, au sortir de la tente, on regarde : le soleil monte, dans une pureté absolue d'atmosphère; plus rien de l'irréel d'hier au soir; les choses ont repris leurs apparences et leurs proportions vraies, des chameaux, du sable, de maigres genêts ; tout est net, comme figé sous une lumière trop crue, et, au loin, au-dessus d'une nappe de lapis qui est la mer Rouge, les montagnes d'Egypte se dessinent encore. Tout le matin, cheminé, cheminé dans les solitudes, à la même aliure lente et balancée. Les genêts se font plus rares. ”
