Pierre Loti

Pierre Loti

Résumé

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Le désert (47ème édition) (1896)

Au jour levé, le temps est redevenu calme, immobile. Alors, au sortir de la tente, on regarde : le soleil monte, dans une pureté absolue d'atmosphère; plus rien de l'irréel d'hier au soir; les choses ont repris leurs apparences et leurs proportions vraies, des chameaux, du sable, de maigres genêts ; tout est net, comme figé sous une lumière trop crue, et, au loin, au-dessus d'une nappe de lapis qui est la mer Rouge, les montagnes d'Egypte se dessinent encore.
Tout le matin, cheminé, cheminé dans les solitudes, à la même aliure lente et balancée. Les genêts se font plus rares.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Le désert (47ème édition) (1896)

Et toujours la neige tombe, tombe sur notre campement perdu.
Alors, on sent bien ne pas être tout à fait des hommes de la tente, malgré le charme de la vie nomade par les belles journées de soleil ; l'homme des maisons de pierre, qui s'est formé au fond de nous-
mêmes par des atavismes si longs, s'angoisse vaguement de n'avoir pas de toit, pas de murs, et de savoir qu'il n'y en a nulle part alentour, dans ce désert assombri dont l'étendue fait peur.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti Le désert (47ème édition) (1896)

On est comme retrempé de vie plus jeune, de joie physique d'exister.
Cette mer, si calme et si doucement réfléchissante, le long de laquelle nous marchons sur un sable fin semé de corail rouge, est sans un port et sans une voile ; dans toute son étendue, mer déserte environnée de déserts. Mais c'est la mer quand même; on a beau la savoir vide à l'infini, on s'en rapproche d'instinct comme d'une source vitale ; auprès d'elle, ce n'est plus la désolation sinistre et morte du désert terrestre.
Source : Gallica

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