Résumé

Louis de Ségur Une Caravane française en Syrie au printemps de 1860

Près du village d’El-Taybeh, nos tentes furent dressées sur une éminence d’où l’œil embrasse l’un des paysages les plus splendides de l’Orient. Dans le panorama qui nous environnait, les hauteurs s’échelonnaient à perte de vue ; l’une, couverte de bois, était d’une couleur vert foncé sur laquelle se jouaient quelques reflets bleus ; l’autre offrait la verdure des prairies, une troisième la teinte jaune du désert. Je n’avais rien vu de semblable en Europe ni en Égypte ; je me sentais cette fois en pleine Asie. Qui n’est ému devant les grands spectacles de la nature ?
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Louis de Ségur Une Caravane française en Syrie au printemps de 1860

Dans les steppes de Syrie, je me figure sans peine quelques scènes de la vie d’Abraham ou de Jacob empreinte d’une poésie naïve et douce, car le pays, quoique désert, n’a rien qui effraie l’imagination. L’homme peut y vivre, témoin nos Arabes, sans les miracles quotidiens de l’Exode. D’espace en espace, les traces vertes annoncent un pâturage où le chameau et le cheval trouvent une plante savonneuse et une herbe dorée dont ils sont friands, et les plis du terrain cachent des puits ou des citernes naturelles...
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Louis de Ségur Une Caravane française en Syrie au printemps de 1860

Ce n’est pas sans pitié ni sans indignation que j’ai vu la belle Palœstina secunda de périr entre les mains d’Abd-er-Rhazy de Djerash et des autres chefs adouans ; mais je n’ai pas éprouvé le même sentiment dans la société de nos Anezé, habitans du désert. Il règne entre eux et la solitude je ne sais quelle harmonie, et l’on sent, au sortir des provinces ottomanes, une sympathie involontaire pour ces hommes de mœurs pures ? pauvres, sobres, vivant libres et fiers dans des steppes arides, refusant de s’établir dans les villes où les menacent la tyrannie et la corruption turques.
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