Paule Henry-Bordeaux, Sur la route de Palmyre (1923)
“ Palmyre, 20 avril. Je n'ai pu dormir, l'air était lourd. J'ai pensé à Roumana, et j'ai comparé nos deux vies avec un frisson d'épouvante. Au matin, nous descendons au camp d'aviation, en dehors de la ville. Le jour a peuplé les ruines et nous croisons des troupes d'enfants et de femmes. Le Bréguet où je vais monter brille comme un bibelot de luxe. Encore quelques instants et j'aurai reçu le baptême de l'air, au cœur des sables, en plein désert. Pas l'ombre d'une émotion, sinon une curiosité que l'attente intensifie jusqu'au paroxysme. ”
