Paule Henry-Bordeaux

Résumé

Paule Henry-Bordeaux Sur la route de Palmyre (1923)

Palmyre, 20 avril.
Je n'ai pu dormir, l'air était lourd. J'ai pensé à Roumana, et j'ai comparé nos deux vies avec un frisson d'épouvante.
Au matin, nous descendons au camp d'aviation, en dehors de la ville. Le jour a peuplé les ruines et nous croisons des troupes d'enfants et de femmes.
Le Bréguet où je vais monter brille comme un bibelot de luxe. Encore quelques instants et j'aurai reçu le baptême de l'air, au cœur des sables, en plein désert. Pas l'ombre d'une émotion, sinon une curiosité que l'attente intensifie jusqu'au paroxysme.
Source : Gutenberg

Paule Henry-Bordeaux Sur la route de Palmyre (1923)

Baalbeck, c'est la pureté des lignes, l'harmonie et la divine mesure. Palmyre, c'est la force, l'étonnement, l'extraordinaire.
Ce que nous admirons ici, c'est moins l'art grec à sa décadence, l'abus des statues, la profusion des détails (quels chefs-d'œuvre cependant dans ces guirlandes, ces pampres, ces bouquets, ces épis qui dentellent la pierre et semblent frissonner sous la brise!) que l'excentricité du lieu où Palmyre a surgi. Au sein des mers de sable, elle est la source désaltérante, la bienheureuse halte des lentes caravanes venues des bords de l'Euphrate.
Source : Gutenberg

Paule Henry-Bordeaux Sur la route de Palmyre (1923)

J'arrache mes mains aux baisers de Roumana. Elle crie au revoir, au revoir. J'ai déjà quitté la cour aux lilas que l'écho plus lointain de sa voix me poursuit encore: au revoir...
Mansour, portant religieusement mon manteau et mon kodak, me reconduit jusqu'à l'auto; Derniers salamalecs et Djêroûd disparaît bientôt.
De nouveau, c'est le steppe. Au tournant de la route, nous crions au mirage: une nappe d'argent qui brille à droite, là-bas, au pied d'une colline sableuse. On dirait un lac... C'est un vrai lac d'ailleurs, et nous le regrettons, tant les illusions ajoutent de beauté aux choses.
Source : Gutenberg

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