“ Le reste est dans la nuit déjà ; mais du côté de l’’occident une inflammation dure encore ; par chaque rue transversale, au fond du désert, on la voit. Là traîne une rougeur où la dernière ferveur des rayons s’est usée, et là, touchant la dune, au ras du sol, au loin, une ligne plus cramoisie, nuage rutilant, sanglant, et comme une écorchure du ciel. Ah ! de quelle abondance d’or, au-dessus de la dune, tantôt, le soleil déjà disparut inondait encore la plaine ! Quelle vapeur à présent s’en élève ! Sous son bleuissement délicat se recule peu à peu l’oasis. Fontaine Chaude. ”
André Gide
Résumé
Citations de Amyntas (André Gide)
“ Au détour du rocher, ce fut une oasis subite — non de palmiers, mais de figuiers, de tamarix, d’amandiers et de lauriers-roses. Puis des abricotiers géants, un moulin, des troupeaux, des Arabes. Et longtemps l’oasis s’allonge, suivant l’Oued, tantôt s’insinuant entre ses berges rapprochées, ou, par l’extrême aridité du sol, étranglée jusqu’à n’être plus, pour l’oiseau qui passe au-dessus, qu’un fil vert ; tantôt s’élargissant, s’étalant, se haussant jusqu’à faire penser : vienne un peu de soleil et s’empliront d’attrait ses ombrages. ”
“ J’aime cette heure de midi, quand, aux chants aigus du matin, succède un accablement sur la plaine, que sur les champs fauchés l’air vibre et que dans le sillon brûlant le mauviard étend ses ailes. Dans le bois étouffant j’ai marché, respirant l’odeur des fougères, jusqu’au bord du bois, jusqu’au soir. J’aime l’odeur du soir charmant, l’ombre des meules, cette brume de mer qui, dans notre pays, souvent monte à l’heure où le soleil se couche, qui s’épand, humecte la plaine, et, dès avant la nuit, verse dans l’air le réconfort avec une fraîcheur subite. ”
