Résumé

Georges Viollier Les deux Algérie , par Georges Viollier (1898)

L'ombre s'étend déjà sur une partie de la prairie. Et malgré sa tristesse mortelle, ce vallon produit l'impression d'une oasis dans le désert. Deux familles arabes, un garde forestier et un garde indigène, telle est l'unique population de ce coin de terre perdu.
A peine arrivé, Castelli prend possession d'un gourbi abandonné, fait décharger et desseller ses bêtes, et, à moitié mort, se laisse choir sur un matelas, tandis que la robuste et active Francine met en ordre le mobilier, la batterie de cuisine, et serre les provisions dans un coin de l'habitation.
Source : Gallica

Georges Viollier Les deux Algérie , par Georges Viollier (1898)

Lorsque Castelli, en dépouillant son courrier, trouva la lettre comminatoire de Gutermann, il fut un instant bouleversé. Mais bientôt une sorte de philosophie fataliste le gagna. Il avait l'apathie de l'homme qui se sent vaincu dans la lutte pour la vie, vaincu par les hommes, vaincu par les circonstances, par le climat, cette apathie commune à presque tous les colons après dix, quinze ans d'efforts infructueux. Un peu plus, il aurait crié : C'est Allah qui l'a voulu !
Le lendemain matin, Castelli, assis devant son gourbi, vit passer la famille Abdurrhaman.
Source : Gallica

Georges Viollier Les deux Algérie , par Georges Viollier (1898)

De verts buissons de lentisques, quelques groupes d'eucalyptus, la grise silhouette d'une rangée d'oliviers, des prairies toutes rouges de coquelicots, mettaient des taches dans l'uniformité jaune des champs.
A droite, l'Atlas détachait en sombre sa masse bleue et indécise dans les colorations du soleil couchant. C'était à peine si les Bruneau distinguaient, tout près d'eux, l'ouverture béante des gorges de la Chiffa, tandis qu'un peu plus loin la crête de l'Abd-el-Kader dessinait sur le ciel les fines découpures de ses forêts de cèdres.
Source : Gallica

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