Christine Trivulce de Belgiojoso

Résumé

Christine Trivulce de Belgiojoso Un paysan turc

Pour rien au monde, l’honnête Benjamin n’eût voulu paraître en douter ; il répondit donc : — Si vous pensez que ce cheval me convienne, et que Cyriagul consente à me le vendre, je l’achèterai volontiers.
Quoiqu’il ne s’attendît pas au choix étrange qu’Athanase venait de faire au nom de son protégé, Cyriagul ne perdit pas la tête, et demanda sur-le-champ un prix dix fois trop fort, mille piastres.
— Pouah ! s’écria Athanase d’un air de dédain ; me prenez-vous pour un enfant ? Voulez-vous vendre ce cheval, ou ne le voulez-vous pas ?
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Christine Trivulce de Belgiojoso Un paysan turc

Une femme de quinze ans éprise d’un vieillard de quatre-vingts est un spectacle qui n’étonne personne, et un tout jeune homme épousera une femme assez âgée pour être sa grand’mère sans éprouver la moindre répugnance et sans se rendre ridicule. J’ai vu bien des hommes mariés à plusieurs femmes, et jamais je n’ai remarqué que la plus belle fût la préférée. Ni l’âge ni la laideur d’Athanase ne pouvaient donc être comptés comme préservatifs contre l’amour qu’il s’efforcerait d’inspirer, et pour le coup sa résolution était bien arrêtée de se faire aimer de Sarah.
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Christine Trivulce de Belgiojoso Un paysan turc

Un homme vénal, débauché, qui emploie l’argent mal acquis à défrayer son hideux libertinage, qui éteint sa jeunesse et jusqu’à sa vie dans les plus tristes excès, peut-il conserver une seule partie de son âme pure de toute souillure ? Le prétendre, n’est-ce pas enlever à la pureté son charme, et au vice son caractère odieux ? Qu’on le remarque bien cependant, il ne s’agit pas ici d’un chrétien élevé dans la société chrétienne. Bien que né de parens honnêtes, Osman, éloigné de la maison paternelle dès son enfance, n’avait pu profiter ni de leurs exemples ni de leurs leçons.
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