Christine Trivulce de Belgiojoso, Les Deux Femmes d’Ismaïl-Bey
“ Puis, s’il se retournait subitement, et si, rencontrant au passage le regard fixe et éloquent d’Anifé, il s’écriait d’un air passablement fat : — Eh bien ! qu’y a-t-il, ma petite Anifé ? pourquoi me regardes-tu ainsi ? — alors Anifé simulait un embarras charmant ; elle baissait les yeux, rougissait comme une cerise, et quelques larmes coulaient le long de ses joues. Fatma admirait le savoir-faire de sa fille, et elle s’amusait de ses tours sans savoir qu’à son âge rien n’est beau que l’innocence ; mais l’innocence dans un harem, qui songe à l’y chercher ? ”
