Christine Trivulce de Belgiojoso

Résumé

Christine Trivulce de Belgiojoso Emina, Récits turco-asiatiques…

Hamid-Bey parut frappé de cette coïncidence, et Emina, qui s’en aperçut, prit courage. — Je ne te demande pas de songer souvent à moi, ajouta-t-elle ; car songer à une morte, c’est toujours triste, et jamais je ne me souviens de ma mère sans avoir envie de pleurer. Ce que je te demande, c’est de penser à moi comme à une créature qui t’appartient dans l’autre vie de la même manière qu’elle t’a appartenu dans celle-ci, et qui n’aura d’autre soin pendant l’éternité que de prier pour toi.
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Christine Trivulce de Belgiojoso Emina, Récits turco-asiatiques…

Elle y court, se baisse, soulève un coin du manteau qui la couvrait : c’était Hamid. Emina pousse un cri étouffé, elle presse cette tête inanimée contre son cœur, elle pose ses lèvres glacées sur ce visage pâle et plus glacé que ses lèvres, elle appuie une main tremblante sur ce cœur qu’elle ose à peine interroger ; mais ce cœur palpite encore, de faibles battemens se font sentir. Il vit, et c’est assez pour Emina, qui a recouvré toute son énergie. Elle n’appelle personne à son aide ; elle est seule avec son trésor, qu’elle suffit à défendre contre les assassins et contre la mort.
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Christine Trivulce de Belgiojoso Emina, Récits turco-asiatiques…

Hamid avait passé une bonne journée ; il avait mangé et causé tour à tour ; puis, vers le coucher du soleil, il s’était endormi tranquillement sur l’épaule d’Emina. Après être restée quelque temps immobile de peur de troubler son repos, elle avait doucement dégagé son épaule, posé sur l’oreiller la tête de son mari, et s’était assise, toujours sans lâcher sa main, auprès de son lit, où elle le contemplait avec amour. Il y avait juste quinze jours qu’Emina ne s’était couchée, qu’elle ne dormait qu’à de rares intervalles et pendant de courts instans.
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