Mme la Princesse Christine Trivulce de Belgiojoso, Les deux Femmes d’Ismail-Bey, récits turco-asiatiques…
“ Maleka crut donc pouvoir s’aventurer sans péril dans les rues de Constantinople ; mais la haine féminine a des yeux si perçans, qu’il n’existe pour elle ni voile ni manteau. Le hasard voulut qu’Anifé entrât dans une boutique d’où Maleka sortait, et que les deux femmes se rencontrassent nez à nez sur le seuil de la porte. Toutes deux se reconnurent à l’instant, mais aucune ne se trahit. Maleka demeura impassible, et Anifé, laissant tomber sur Maleka un de ces regards froids et distraits qui ne voient pas, entra dans la boutique sans seulement regarder derrière elle. ”
