Armand Silvestre

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Résumé

Portrait de Armand Silvestre Armand Silvestre Histoires gaies

Mohamet-Soulafé-Sélim n’avait pas été un fat en donnant, par avance, à son beau-père, une opinion avantageuse de ses moyens personnels. Mais son beau-père, non plus, n’avait pas été un imbécile en lui annonçant leur insuffisance prochaine. Quand on fait ce qu’on peut on fait ce qu’on doit ; mais ce sage proverbe n’a jamais empêché personne d’être cocu. Sélim le fut avec une rapidité imméritée.
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Et il montrait du doigt le séant du malheureux Belbeth Ali, lequel séant ayant fini par traverser le plafond de la soupente, rayonnait comme une lune pleine dans l’effondrement de la cloison.
Fatma poussa un cri de colère ! Le cadi Zutapapa fit une grimace de possédé. Les deux marchands de pantoufles éclatèrent de rire.
— Instrumentez, beau-papa, poursuivit Sélim triomphalement. Nous avons sous la main tout ce que la loi exige : les coupables, le magistrat et les deux témoins.
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Quand le jeune Mohamet-Soulafé-Sélim, un des plus opulents marchands de dattes de la localité, vint en effet lui demander la main de sa fille Fatma, le bon cadi Zutapapa ne tenta pas de lui faire prendre l’objet, chat en poche, comme il serait malséant de dire en pareil cas. Loin de là, il lui fit mesurer d’un coup d’œil rapide l’imprudence qu’il allait commettre :
— Mohamet-Soulafé-Sélim, lui dit-il, ton père était homme de bien, quoique marchand de dattes comme toi. Ma fille est belle, mais tu seras cocu.
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