Henri de Régnier

Élements biographiques

Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier,  Les Jeux rustiques et divins

“ Le vieux vent d’est pleure dans les haies,
Lourd d’avoir rôdé, l’aile basse ;
Le pampre se desserre au tronc qu’il désenlace
Et la terre s’éboule au talus qui l’étaie ;
La joie est brève et l’heure passe,
Et chacun marche vers un autre qui recule,
Et la fleur de l’aurore est fruit au crépuscule
Et le fruit d’or du soir est cendre dans la nuit.
Je t’ai revue,
Tu étais nue,
Comme à l’aube où je vins par la route des blés,
Moi qui reviens vers toi par le chemin des chaumes
Avec le soir qui tremble et le pas de l’automne
Aux échos de ma vie où riait le printemps
”
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Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier,  1914-1916

“ Et regarde l’horizon...
On attend. La vie est grave
À cette heure où, dans l’airain,
La gloire en souriant grave
Les beaux noms fiers sous sa main :
C’est Ypres et c’est Dixmude,
La Bassée, Arras, chacun
Des points où la lutte est rude,
De Nieuport à Verdun...
On attend. Nul cœur n’est lâche,
Pas même les plus meurtris.
La mère baise la tache
De sang au front de son fils,
Car, en ces temps héroïques,
Pour la moisson de héros,
La mort à gestes épiques
Porte un glaive au lieu de faux...
On attend. Nul cœur ne doute...
Qui craint d’avoir espéré ?
”
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Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier,  La cité des eaux

“ Était-ce pour marquer mon pas sur son arène,
Puisqu’il n’en reste rien quand a passé le vent ?
Et pourtant j’ai voulu être un homme et me vivre
Et faire tour à tour ce que font les vivants ;
J’ai noué la sandale à mon pied pour les suivre.
Amour, haine, colère, ivresse, j’ai voulu,
Par la flûte de buis comme au clairon de cuivre,
Entendre dans l’écho ce que je n’étais plus.
Si j’ai drapé mon corps de pourpres et de bures,
N’en savais-je pas moins que mon corps était nu
Et que ma chair n’était que sa cendre future ?
”
Source : Wikisource

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