Henri de Régnier,
Vues
(1926)
“ J'ai dans l'oreille cette clameur brusque et farouche qui nous arrive jusque sur le Nirvana et dont, toute la nuit, semble un écho divisé et répété le cri monotone des sentinelles, ce cri rude et triste qui s'éloigne, se rapproche, se tait, recommence, cri de méfiance et d'alerte qui donne à cette rive je ne sais quoi de guerrier et de barbare. C'est cependant un endroit bien tranquille que Beïcos. Le Bosphore clapote doucement le long du quai. Nous voici sur une route bordée de grands platanes. Quelques fumeurs, à un petit café, nous regardent passer. Un chien jaune nous suit un instant. ”
