Émile Barrault

Émile Barrault

Résumé

Portrait de Émile Barrault Émile Barrault Revue des Deux Mondes

Entrons dans un caïque, jetons une dernière fois les yeux sur ce prodigieux ensemble, tout en admirant la beauté du port, si vaste, si profond, si commode, et saluons de nos adieux Constantinople, la noble capitale de l’empire d’Orient, la digne métropole de l’église d’Orient, Stamboul, l’héritière magnifique de Damas et de Bagdad.
Et cependant, pour être si superbe et si vaste, qu’est-ce que Constantinople ? Le germe d’une ville, plus vaste et plus superbe encore qui déjà s’en échappe. La cité de Constantin et de Mahomet ii était surtout une position militaire, la capitale d’un empire armé.
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Portrait de Émile Barrault Émile Barrault Revue des Deux Mondes

À quoi tint l’indépendance de l’Europe, en germe dans la Grèce ? N’est-ce pas à ce long fossé qui se prolonge au midi, là Salamine, ici le Bosphore ? À présent, grace à tous nos progrès, ce qui fut barrière rapproche ; l’obstacle se fait lien. Et vraiment c’est une joie, voguant dans ce canal, de se sentir vivre sur le point même où se touchent enfin deux mondes avec leurs destins divers si long-temps ennemis ; pouvoir d’un seul regard embrasser l’Asie et l’Europe est un plaisir qui émeut délicieusement.
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Portrait de Émile Barrault Émile Barrault Revue des Deux Mondes

Le Turc respecte et veut être respecté ; il a, à un haut degré, le sentiment de la dignité personnelle. Ne le croyez point servile, parce qu’il se prosterne devant son supérieur et lui baise le bas du manteau : c’est un hommage qu’il paie sans rougir plus au rang qu’à la personne, et que le supérieur lui-même reçoit sans en être ébloui, parce que l’un et l’autre savent que le dernier des Turcs — s’il plaît à Dieu — peut parvenir aux plus hautes dignités de l’empire.
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