Henri de Régnier

Henri de Régnier

Résumé

Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier Poèmes anciens et romanesques… (1890)

Ta chair n'était-elle pas blanche comme l'écume Et tes yeux pers comme la mer qui dort à la dune Et ta face un déclin pâle de lune A l'horizon marin parmi des chevelures d'écume. Et je fus fou comme les Tritons et les Satyres De ta chair, de tes cheveux, de tes rires Et j'ai rougi mes lèvres aux coraux de tes parures Et je t'ai dit dans la forêt et près de la lame A toi l'Indulgente à toutes les aventures Vers qui vont la chair et l'âme L'Ode des ors secrets et de l'antique flamme !
Source : Gallica

Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier Poèmes anciens et romanesques… (1890)

Les Colombes blanches dont l'aurore est la mère Ont vu la tour déserte et vide le manoir.
Et les Aïeux, dès jadis morts, n'eurent pas d'hoir Avide d'aventure étrange et de mystère,
Héros à survenir pour l'honneur de la terre Vaincre d'un baiser le magique sommeil noir.
L'endormie à jamais étale ses mains pâles Où verdit une mort annulaire d'opales,
Et la Princesse va mourir s'il ne vient pas !
Plus n'a souci, Nul, de dissoudre un sortilège Et la Licorne hennit rauque au ciel lilas Où frissonne une odeur de mort, d'ombre et de neige.
Source : Gallica

Portrait de Henri de Régnier Henri de Régnier Poèmes anciens et romanesques… (1890)

La voix d'enfant est douce en les chansons d'aïeules Et le glaive du père mort ou massacré Sied aux mains des filles errantes qui vont seules Loin de la Nuit sanglante où leur âme a pleuré.
Le vent a dispersé les oiseaux et les nues,
Les feuilles volent sur le fleuve vert et noir Et jonchent le morne sable des grèves nues Où des iris fleuris éclatent dans le soir.
M'apportes-tu sous tes haillons de Voyageuse A qui sourit l'étoile en la forêt sans fleurs
L'opale que la grotte avare et ténébreuse Mit cent ans, goutte à goutte, à germer de ses pleurs?
Source : Gallica

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