Léonce Depont

Élements biographiques

Léonce Depont,  Revue des Deux Mondes

“ Et toi, mon cœur, ô cœur stérile aux rythmes vains,
Cœur où n’ont fermenté que d’indignes levains
Comme en un sol ingrat et dur qui se révolte,
Qu’attends-tu pour mûrir la tardive récolte ?
Glèbe aride aux sillons desséchés, qu’attends-tu
Pour mûrir la vendange intime de vertu,
D’héroïsme et d’amour si longtemps espérée ?
Regarde : autour de toi, tout s’agite, tout crée ;
Le soleil gonfle encor les grappes ; le pressoir
Les écrase, et, de l’aube attendrie au doux soir,
Les rudes tâcherons accomplissent leur tâche.
”
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Léonce Depont,  Revue des Deux Mondes

“ O nostalgique soir, vers qui l’âme s’élance ;
Dont le mystère attire alors que tout s’est tu,
Sur la plaine immobile, ô soir, comment fais-tu
Une telle harmonie avec un tel silence ?
Dans quelle transparence élyséenne, ô soir,
Veux-tu que le Croissant baigne sa pâle face,
Quand ton doigt solennel estompe, puis efface
La colline plus vague et le vallon plus noir ?
De quel tulle soyeux composes-tu la trame
Qui souple ondule et glisse et flotte et vêt les eaux,
Les bois, les prés, les champs, de fluides réseaux,
Tandis qu’émus le bœuf appelle et le cerf brame ?
”
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Léonce Depont,  Poésies (Léonce Dupont, t. 5 1911…

“ Le vol noir du hibou n’ose effleurer le cygne,
Et la colombe a peur du chat-huant plaintif.
Le lys est, je le sais, un frais symbole, et l’if
Un sombre emblème, et nul lien d’amour n’attache
Cet arbre sans lumière à cette fleur sans tache.
Je sais qu’au sol natal ton pas est si léger,
Quand tu traverses, grave et tendre, le verger,
Que sur l’herbe sa trace est à peine sensible.
”
Source : Wikisource

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