Victor Hugo

Victor Hugo

Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Orientales

L’espace et le temps sont au poëte. Que le poëte donc aille où il veut, en faisant ce qui lui plaît ; c’est la loi. Qu’il croie en Dieu ou aux dieux, à Pluton ou à Satan, à Canidie ou à Morgane, ou à rien, qu’il acquitte le péage du Styx, qu’il soit du sabbat ; qu’il écrive en prose ou en vers, qu’il sculpte en marbre ou coule en bronze ; qu’il prenne pied dans tel siècle ou dans tel climat ; qu’il soit du midi, du nord, de l’occident, de l’orient ; qu’il soit antique ou moderne ; que sa muse soit une muse ou une fée, qu’elle se drape de la colocasia ou s’ajuste la cotte-hardie.
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Orientales

Il éclate, il tournoie, il s’ouvre aux flots amers !
Ma bouche crie en vain, par les vagues couverte !
Adieu ! je vais trouver mon linceul d’algue verte,
Mon lit de sable au fond des mers.
« Mais non ! je me réveille enfin !... Mais quel mystère ?
Quel rêve affreux !... mon bras manque à mon cimeterre.
Quel est donc près de moi ce sombre épouvantail ?
Qu’entends-je au loin ?... des chœurs... sont-ce des voix de femmes ?
Des chants murmurés par des âmes ?
Ces concerts !... suis-je au ciel ?... — Du sang !... c’est le sérail ! »
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Orientales

Tout ! jusqu’au cheval blanc, qu’il élève au sérail,
Dont la sueur à flots argente le poitrail ;
Jusqu’au frein que l’or damasquine ;
Jusqu’à cette espagnole, envoi du dey d’Alger,
Qui soulève, en dansant son fandango léger,
Les plis brodés de sa basquine !
Ce n’est point un pacha, c’est un klephte à l’œil noir
Qui l’a prise, et qui n’a rien donné pour l’avoir ;
Car la pauvreté l’accompagne ;
Un klephte a pour tous biens l’air du ciel, l’eau des puits,
Un bon fusil bronzé par la fumée, et puis
La liberté sur la montagne.
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