Pierre Loti,
Un Jeune Officier Pauvre
“ Plus tard encore, quand vint l'hiver et qu'Aziyadé fut auprès de moi, sous nos fenêtres d'Eyoub, nous entendions passer le mendiant aveugle; il passait le soir, à la tombée de la nuit, et sa voix nous faisait frissonner dans notre logis mystérieux.«Loti, avait dit Aziyadé, promets-moi que tu lui donneras toujours, partout où tu le trouveras; cela nous porterait malheur si nous le laissions passer sans lui faire l'aumône.»Et elle-même me portait souvent, pour lui, son offrande: de petites pièces blanches, qu'elle lui destinait. Et je descendais sur la porte pour les lui remettre dans la main. ”
