Eugène Montfort

Résumé

Eugène Montfort Un cœur vierge

Je restais silencieux, je la considérais avec émotion, avec admiration, telle qu’une fleur d’un parfum unique.
Elle, au contraire, s’était mise à parler, d’abondance, et de tout son cœur, comme quelqu’un qui a toujours gardé le silence, et qui s’ouvre un jour, qui s’épanche, et laisse déborder son âme. Je l’écoutais avec délice. Elle me contait sa vie entière, son enfance, et comment elle avait grandi ici, seule à la pointe de l’île entre son père et sa mère... C’est sa mère qui lui avait appris à lire, à écrire et à compter, à coudre, à broder.
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Eugène Montfort Un cœur vierge

C’était un de ces hommes sûrs qui donnent entièrement leur amitié, et qui, s’ils ont un ami, pensent qu’ils ne peuvent faire moins pour lui qu’ils ne feraient pour eux-mêmes.
C’était un cœur de marin, Yvon, et un cœur de Breton. Un cœur fort, un cœur droit.
Nous n’avions pas échangé de grands mots. À peine même si nous avions causé tous les deux. Est-ce qu’il m’avait jamais parlé d’autre chose que de son tour du monde ? Et moi, que lui avais-je dit ? Quand il avait vu le portrait d’Anne, il s’était écrié : « Mais c’est la demoiselle du Goabren ! »
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Eugène Montfort Un cœur vierge

Mais il y a Laouen, Laouen..., dit-elle d’un air pensif, en tirant doucement la barbe de sa chèvre.
— Nous l’emmènerons, fis-je.
— Oui ! tu veux ! Oh ! que tu es bon ! Laouen, Laouen, ma chère Laouen, je ne te quitterai pas !...
Elle sauta de joie, et me regarda en riant. Sa tristesse s’était envolée. Ce cœur charmant revivait.
Puis elle s’assit à mes pieds. Elle prit ma main, la baisa et la posa sur son front qui brûlait un peu. Et elle me dit avec un mélange de bonheur et de mélancolie :
— Alors tu m’aimeras toujours... toujours autant qu’aujourd’hui ?
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