Eugène Montfort

Élements biographiques

Eugène Montfort,  Chair

“ Je n’ai pas pu dormir, toute ma tête résonnait des baisers, dans la nuit, ma bouche se tendait, je n’avais plus de souffle, un grand mal est entré en moi, je sens mon cœur gonflé dans ma poitrine, j’étouffe...
Est-ce l’amour, mon Dieu, est-ce l’amour? Je suis languissant et je suis plein de force. Je suis près de m’évanouir, je suis las, je suis désolé,—et je suis si triomphant que je voudrais une trompe de cuivre pour lancer jusqu’au bout du monde les cris de mon âme éclatante!... Marthe! Marthe!... Je voudrais [p. 11] la tenir serrée contre moi, et mes bras sont vides!... Marthe!...
”
Source : Gutenberg

Eugène Montfort,  Un cœur vierge

“ J’ai mangé : du saucisson, du poisson bouilli, des pommes de terre. J’ai vu Toussaint. Il souriait : il paraît que le vent durera, demain on ira jusqu’à Hoedic... Puis je suis reparti. J’ai envie d’aller rôder du côté du Goabren cet après-midi.
J’avance dans la terre mouillée. Le ciel est bas, le vent souffle, il m’exalte, le paysage devient tragique. Mais le chemin dont parlait Roudil, à peine si c’est une piste. J’ai dépassé maintenant la croix. Je suis en pleine lande... Des touffes d’ajoncs, une herbe maigre, un sol sablonneux d’où, de loin en loin, émerge la roche.
”
Source : Wikisource

Eugène Montfort,  La Turque (1906)

“ Elle se sentait vers Sophie comme un élan maternel, elle avait envie de la protéger... Quelle jeunesse, quelle douceur ! un petit agneau ! Et en la voyant pleurer là, si malheureuse, voilà qu’elle pleurait aussi... Mais elle l’embrassait, disant d’une voix troublée : « Là ! là ! C’est fini, Fifi ! c’est fini !... »
Sophie, maintenant, rendait avec attendrissement ses baisers à P’tit-Jy. Sa peine perdait son âcreté. Elle éprouvait pour son amie une reconnaissance infinie, elle l’aimait de tout son cœur, elle n’osait pas croire à tant de bonté. Jamais personne, excepté Scholch — Scholch !
”
Source : Gutenberg

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