Résumé

Eugène Montfort Vingt-cinq ans de littérature française

Comment ne pas déplorer sa complaisance envers la turpitude, la bassesse, la méchanceté, — trop significative dans Chéri, son premier roman composé ?... Ni Molière, ni Laclos, ni Lesage, ni Balzac, n’ont voulu peindre des enfants de chœur ; mais dans leurs plus inquiétantes compositions, je ne sais quelle nuance, quelle démarche trahissait le moraliste et mettait en garde le lecteur. La sympathie égayée de Mme Colette est infiniment dangereuse et l’on ne peut regarder comme un chef d’œuvre un livre où tout ce qui fait la seule valeur de l’homme est paisiblement bafoué.
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Eugène Montfort Vingt-cinq ans de littérature française

Sa célébrité date de La Maison du Péché (1902) et fut éclatante. C’est plutôt un homme de lettres qu’une femme de lettres ; jamais elle n’a songé à se raconter dans un roman ; elle ne dénude ni son corps ni son âme. Elle n’obéit pas seulement à l’inspiration, ne travaille pas seulement son style, elle construit, elle prépare, elle délimite. Elle ne subit pas sa sensibilité, elle la dirige. Elle a de la méthode, sans raideur. Son style est souple et allongé.
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Eugène Montfort Vingt-cinq ans de littérature française

L’exaltation, le goût du morbide et de l’invraisemblable ; une curiosité du vice tout intellectuelle ; un satanisme assez naïf ; l’imagination vive et sans contrôle ; la haine du réalisme, même justifié ; l’impossibilité d’observer la vie sous son vrai sens ; enfin, malgré son dédain total de foi religieuse, un besoin désespéré d’absolu qui n’est, en somme, que l’envers d’un sens catholique insoupçonné, voilà ses caractéristiques, avec un style pailleté et visionnaire, un esprit dansant, et soudain de grandes élévations de l’âme.
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