Eugène Montfort

Résumé

Eugène Montfort Brelan marin (1922)

Pietro Catala... Il me semblait que ce nom ne m’était pas inconnu. Je finis par le prononcer plusieurs fois à voix haute. Alors, soudain, le couvent des Cappuccini me remonta à l’esprit, je revis ses galeries affreuses et ses rangées de morts et je me souvins de celui qui portait la tête droite et dont j’avais lu le nom et la date suprême sur la robe. Pietro Catala ! A ce moment, j’éprouvai je ne sais quel malaise, je fus pris d’une subite inquiétude, une force singulière me poussa à lever la tête et à regarder le portrait au-dessous duquel j’étais assis.
Source : Gutenberg

Eugène Montfort Brelan marin (1922)

Je ne croyais plus à la vie, elle me faisait l’effet d’une effroyable plaisanterie.
Le lendemain matin, ayant dormi à poings fermés, je me réveillai d’excellente humeur et ne pensant pas plus aux Cappuccini et à leurs lugubres habitants qu’à Jules César ou qu’au Grand Turc. Un rayon de soleil illuminait ma chambre, j’entendais le bruit joyeux de la rue : j’allais jouir encore d’une belle journée et je me promènerais dans de magnifiques paysages.
Source : Gutenberg

Eugène Montfort Brelan marin (1922)

J’avais la sensation que les yeux du portrait me fixaient encore d’une façon insoutenable et je n’osais regarder ce portrait, j’en détournais mes regards avec une application continue. Près de la porte, il y avait une grande glace ; je craignais de m’y voir. On eût dit que j’avais peur d’y trouver, reflétée à mon côté, une chose qui m’eût effrayé. J’étais là, sur ce fauteuil, plein d’un trouble incroyable, et dont il m’était impossible de comprendre la cause. A la fois brûlant et glacé, j’avais la fièvre, je respirais avec essoufflement et je me sentais délirer.
Source : Gutenberg

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