“ Ils approchent, leurs voiles bombent, leur coque se dessine, la mer blanchit à leur proue ; de la fumée ! les cordages naissent à vue d’œil, coupent l’atmosphère de lignes raides ; et voici qu’avec une lorgnette on aperçoit la vigie au haut d’un mât. C’est eux qui, de courses en plein vent, amènent un air plus respirable. ”
Vigie
Définition et enjeux
La vigie désigne à la fois une station de métro de Lausanne et, dans un sens figuré, un poste d'observation sur un navire ou une colline. Ce double sens est illustré par des auteurs comme Léon Hennique, qui évoque la vigie maritime comme symbole de vigilance, ou René Bazin, qui en fait un lieu rural emblématique.
D'autres, comme Jules Verne, la rattachent à l'exploration, tandis que Gabriel de La Landelle en précise le rôle technique à bord. Ces approches variées révèlent une idée de surveillance, de connexion avec l'environnement et de passage entre le concret et le symbolique.
Citations sur “vigie”
Le P Vallée, Discours prononcé à l'occasion du mariage de M. Emmanuel Ronin… (1884)
“ Il est la vigie qui signale l'écueil au milieu des ténèbres, l'éducateur-né qui a mission d'éclairer la route. Ce sont des mots pleins, substantiels, qu'il lui faut laisser tomber sur tous et chacun des siens. ”
René Bazin,
Le Blé qui lève
(1911)
“ Cette beauté du pays ravissait mystérieusement le pâtour de la Vigie, le petit Cloquet dont la dent poussait, dont l'œil s'aiguisait au plein air et découvrait un tiercelet planant à mi-chemin de la Collancelle. Il eut vite fait d'apprendre son état et d'en souhaiter un autre, le métier que font les jeunes gens : conduire les chevaux, fouailler en chantant à la tête du harnais de labour, quand les bœufs blancs, Griveau, Chaveau, Montagne et Rossigneau, mollissent sur la chaîne ; herser, couper les fourrages verts et faire sa partie dans la moisson d'été. ”
“ Il était Nivernais, du pays où les volontés sont fortes, violentes même, mais où le visage est froid et la langue souvent muette.Depuis lors, la patrie de Gilbert, ce fut la Vigie, ferme posée princièrement à trois cent vingt mètres d'altitude, au sommet d'une colline ronde et sans bois; ferme autour de laquelle cent hectares de bonne terre coulaient sur des pentes égales; ferme enveloppée dans le vent comme un phare et d'où la vue est en cercle: au nord on voit Beaulieu, tout blond sur une croupe bleuissante ”
Voyage à Canton. Correspondance d'un élève de Marine (1851)
“ Arrivé sur le sommet le plus élevé, je fus surpris de trouver une vigie établie au pied d'un mât de signaux ; or, cette vigie est chargée de signaler, non-seulement les bâtiments qui arrivent à quinze et vingt lieues au large, mais encore de communiquer, deux fois par vingt-quatre heures, à la ville de Saint-Paul, l'état de la mer et du vent, au moyen d'une ligne de télégraphes. L'entretien d'une vigie en ce lieu est de la plus haute importance ; car la côte est découverte et la rade trèsdangereuse ; les bâtiments y sont continuellement en péril. ”
Louis Lacretelle, Études sur la province d'Oran, par L. Lacretelle (1865)
“ Européens, lorsque, plus nombreux dans le Tell, ils chercheront à s'étendre au dehors. La vigie, construite sur le faîte d'une éminence en avant de la redoute, sert à surveiller au loin cette partie de l'immense surface des hauts plateaux , dont la largeur est limitée à quarante lieues de distance par le grand Atlas. ”
Henry Bordeaux,
Les Roquevillard
“ Ainsi, le beau domaine de la Vigie, dont les vignes, les bois, les champs et les vergers produisaient abondamment et riaient au soleil à lépoque des moissons, représentait le labeur, léconomie et lendurance de toute une race poussée en droite ligne comme un haut peuplier. Car la terre cultivée revêt un visage humain, et quand nous regardons nos propriétés, cest la face des aïeux que nous considérons. ”
Gabriel de La Landelle,
Le langage des marins : recherches historiques et critiques sur le vocabulaire maritime…
(1859)
“ La vigie ou mieux l'homme de vigie est généralement posté, pendant le jour, sur les barres du petit perroquet, 81, pendant la nuit, aux bossoirs, 269.On dit habituellement l'homme dubossoir. — Etre en vigie est très-usité. ”
Eugène Sue,
La vigie de Koat-Ven : roman maritime…
(1861)
“ — Qu'entends-tu par despote, chien? LA VIGIE DE KOAT-VEN 191 Alors , insensible aux injures, stoïque comme un Romain, et emporté par son érudition patriote, Gédéon se mit à faire, presque machinalement et malgré lui, la définition qu'on lui demandait. — J'entends par despote, — répondit Gédéon d'une vois de tête aiguë et perçante, — j'entends par despote un tigre altéré de sang, qui Se désaltère avec les larmes de ses sujets, mange leur chair et boit leur sueur avec délices; ”
Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers,
Chansons choisies de Désaugiers
“ Et les faveurs pleuvent sur lui : L’eau va toujours à la rivière. L’ami Vigier tous les matins, Chez lui voit accourir la foule ; Et tant qu’il coulera des bains, Nous ne craignons pas qu’il se coule. ”
Louis Carton,
Découvertes épigraphiques et archéologiques faites en Tunisie…
(1895)
“ Poste de vigie. — Sur un monticule qui domine la gorge dans laquelle s'engageait la chaussée, se trouve un petit poste d'observation où pouvaient se placer une ou deux vigies. Son état de conservation est remarquable. Il mesure 2m,50 de hauteur sur 2m,40 de largeur. Son ouverture regarde vers la vallée de l'oued Arko. Des banquettes en pierres font saillie de chaque ”
Henry Daguerches, Le kilomètre 83 (1913)
“ Tandis que je vaque ainsi à mon commerce de bois jaune, je ne sais trop ce dont trafique mon compère Vigel du côté ciment. Mais je me doute de ce qui l’occupe par ailleurs. L’âme et l’esprit s’anémient vite ici, sous un amour trop somptueux, comme le corps sous un vêtement trop lourd. Une nervosité veule, une sorte de halètement débile de la pensée trahissent l’édifice intérieur qui flageole... Vigel, je pense, devrait se défier davantage des accès trop rapprochés de certaine fièvre... Je le vois assez rarement, le plus souvent à déjeuner, presque jamais passé la sieste. ”
Émile Colpaert, Étude sur le Pérou. Des bêtes à laine des Andes et de leur acclimatation en Europe… (1864)
“ En plaine, la Vigogne est plus rassurée; aussitôt qu'à sa vue un objet inconnu se présente, elle s'arrête, regarde fixement sans manifester ni crainte ni joie, allonge un peu la tête, fait quelques pas en avant; puis lorsqu'elle craint un danger réel, elle rebrousse chemin, redresse le cou, jette un cri d'alarme assez semblable au hennissement d'un jeune cheval et part au galop. Lorsqu'elles sont réunies en troupeau, les femelles poussent devant elles leurs petits, tandis que le mâle reste en arrière pour protéger leur retraite. ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ « Je dévasterai ses vignes et ses figuiers, » est-il annoncé à Israël dans Osée, ii, 12. » Le jus de la vigne est en deuil, le cep languit, » annonce Isaïe, xxiv, 7. s En ce jour-là, dit-il, vii, 23, tout vignoble de mille ceps de vigne valant mille pièces d’argent sera couvert de ronces et d’épines. » Aussi le prophète, xxxii, 12, dépeint le deuil de la nalion : « On se lamente sur les belles vignes fécondes. » « Plus de raisins à la vigne, dit Jérémie, viii, 13, ni de figues au figuier. La feuille même est flétrie. » ”
William Chapman,
Les Fleurs de Givre
“ Fera fondre les fleurs du givre radieux, Et tout ce vaste éclat de prodige et de rêve Devra s’évanouir comme la lueur brève D’un espoir qui, parfois illuminant nos jours, Brille quelques moments et s’éteint pour toujours. ”
Aglaé de Bouconville, Histoire naturelle racontée à la jeunesse… (1853)
“ La vigogne, petite comme brebis, plus peu- reuse qu'elle, est tous les ans livrée aux fureurs de la poursuite des hommes, qui recherchent sa riche toison pour en fabriquer de mer- veilleuses étoffes. Cet animal sauvage habite les montagnes voisines des neiges. ”
Cydno la Lesbienne, Les tendres épigrammes de Cydno la Lesbienne (1911)
“ Baisons les fleurs de pêcher, naissantes, et les boutons de rose ! Entendez-vous le conseil de la cigale ? Ivre de rosée et de sève, elle nous répète sans fin d’être folles puisque nous sommes jeunes et de faire l’amour à perdre haleine toute cette nuit. ”
Virgile,
Œuvres de Virgile (coll. Panckoucke…
“ Me préservent les dieux de me livrer, en plein air, au doux sommeil, ou de m’étendre sur l’herbe à l’ombre d’une forêt, lorsque, fier de sa peau nouvelle, et brillant de jeunesse, il s’avance, et que, laissant dans sa demeure ses petits ou ses œufs, il se dresse au soleil, et fait dans sa gueule vibrer un triple dard ! ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
La Russie et les Russes
“ Le givre y prête au bouleau ou au tremble une parure d’argent plus brillante et plus fine que leurs feuilles, tandis que sur le fond de neige blanche aux reflets bleus les sombres massifs de plus et de sapins, prenant des tons chauds et veloutés, semblent presque noirs. ”
Virgile,
Œuvres de Virgile (coll. Panckoucke…
“ Son vieux tronc étend au loin, comme autant de bras, ses robustes rameaux, et soutient seul l’ombrage immense dont il est le centre. Que ta vigne ne regarde point le soleil couchant ; n’y plante point de coudriers ; ne va pas non plus, pour former tes plants, chercher l’extrémité des tiges, ou les branches supérieures de l’arbre : tant l’arbre a de prédilection pour la terre ! qu’un fer émoussé ne blesse point les rejetons, et dans les intervalles ne souffre point l’olivier sauvage. ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ The naturalHistory of the Bible, Londres, 1889, p. 408-Notre-Seigneur fait allusion à la taille de la vigne et à ses effets : « Tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il en porte davantage. » Joa., xv, 2. La taille de la vigne était défendue l’année sabbatique. Lev., xxv, 3, 4. C’était une année de repos pour la terre, et aussi pour la vigne dont la vigueur se dépensait alors en faveur de la plante aux dépens de ses fruits. Isaïe, v, 6, compare Juda infidèle à une vigne qui ne sera plus taillée ni cultivée et qu’envahiront les ronces et les épines. ”
Jules Pizzetta, Dictionnaire populaire illustré d'histoire naturelle… (1905)
“ Cette belle toison d'un brun fauve ne le cède en longueur et en moelleux qu'à celle des chèvres du Thibet.- La Vigogne (A. vicunna) constitue une troisième espèce. Elle est grande comme une brebis; ses formes sont plus sveltes, ses jambes plus déliées que celles du Lama; sa laine, d'une grande finesse, et douce comme de la soie, est d'un fauve orange avec la poitrine et le ventre blancs. La Vigogne habite les plateaux élevés des Andes; elle vit par troupes de vingt à trente individus, conduits par un vieux mâle. ”
Léon Pamphile LeMay, Contes vrais
“ Quelque chose me disait que j’allais être témoin d’une grande merveille. De loin, de très loin, je voyais parfois étinceler le clocher de l’église, et le rayonnement se répercutait dans mon âme émue. Enfin la Vigile arriva. Journée longue mais pleine de mouvement et de gaieté. Dans la maison, au hangar, dans la grange, tout s’agitait étrangement. En brûlant l’épinette résineuse, le poêle avait, tour à tour, des grondements de tonnerre et des crépitements de grêle. Tout chantait dans le grand fourneau plein de vapeurs : l’eau de la bouilloire, le jus de la viande et le bouillon de la soupe. ”
Pierre Boitard, Histoire naturelle illustrée : rédigée d'après la quatrième édition du Cours élémentaire d'histoire naturelle de feu M. Boitard… (1884)
“ Sa laine, qui surpasse en finesse et en moelleux toutes les laines connues, ne sert qu'à la fabrication es étoffes les plus riches et les plus précieuses, d Les Vigognes vivent en troupes dans les régions des neiges éternelles de la chaîne des Andes, au Pérou et au Chili. La neige et la glace semblent plut't les récréer que les incommoder. Elles courent ^, -légèrement, sont timides, et, dès qu'elles aperoivent quelqu'un, elles s'enfuient, poussant leurs Petits devant elles. ”
Émile Colpaert, Étude sur le Pérou. Des bêtes à laine des Andes et de leur acclimatation en Europe… (1864)
“ Des deux espèces sauvages, la Vigogne est la plus intéressante. Sa figure rappelle celle du Lama, mais elle en diffère par une taille moins élevée, un museau plus ramassé et par la couleur de sa robe. Ses pieds sont fourchus comme ceux de la race bovine, et ses jambes de devant sont relativement moins longues que celles de derrière. Malgré cela, ce charmant animal a un air plein de fierté et de finesse, et sa tête vive et gracieuse, ornée d'oreilles droites, fines et pointues, est portée sur un col mince, long et flexible avec beaucoup d'élégance. ”
Gabriel-Marie, Eléments de botanique, comprenant l'organographie… (1898)
“ La Vigne est le type des Ampélidées. C'est une plante sarmenteuse à sève abondante. Feuilles alternes. Fleurs odorantes, régulières ; calice très petit, gamosépale, corolle à cinq pétales verdâtres, soudés à la partie supérieure, et se détachant de la base au sommet d'une seule pièce (fig. 156, B) . Étamines cinq, introrses, opposées aux pétales et insérées sur un disque glanduleux. Pistil à ovaire libre ; stigmate presque sessile. Fruit (baie) globuleux ou ovoïde, à une ou plusieurs loges. — Tout le monde connaît la Vigne et le raisin, avec lequel on fait le vin, l'alcool et le vinaigre. ”
Virgile,
Œuvres de Virgile (coll. Panckoucke…
“ Deux fois la vigne est étouffée sous son feuillage ; deux fois sa tige est assiégée d’une herbe stérile : tâches doublement pénibles. Vante, si tu le veux, les vastes domaines ; contente-toi d’en cultiver un petit. Ne faut-il pas encore couper le houx pliant dans la forêt, et le jonc aux bords des fleuves ? L’osier inculte n’est pas non plus à négliger. Enfin, tes vignes sont liées ; leurs rameaux laissent reposer la serpe, et le vigneron façonne, en chantant, son dernier cep. ”
Lectures de famille choisies dans la collection du Magasin pittoresque (1866)
“ LECTURES DE FAMILLE. vigogne, espèce qui vit à l'état sauvage dans les mêmes lieux que le guanaco, mais qui s'en sépare très-nettement par la petitesse de. sa taille, qui est à peu près égale à celle du mouton, et par la finesse incomparable de son pelage. Dans cette hypothèse, il faudrait admettre que la domestication a eu pour effet d'augmenter sensiblement la taille de la vigogne et de donner à sa toison plus de longueur en même temps que moins de finesse. ”
Ève Circé-Côté, Bleu, blanc, rouge
“ Une céleste pureté tombée du ciel rayonne sur la terre, la givre étincelle dans les vieux pins, les ruisseaux semblent ourlées d’argent fin, les branches tordues des arbres cristallisés sont frangées de pendeloques comme de gigantesques gazeliers ”
Paul Collin, Fleurs de givre (1899)
“ Et le même rayon de splendeur printanière Faisait épanouir nos rêves et les fleurs. 104 FLEURS DE GIVRE Les bois, que caressait une brise très douce, Nous abritaient dans leur mystère et dans leur paix. Sous tes pieds nonchalants les gazons et la mousse Étalaient leurs tapis voluptueux et frais. Nous nous taisions. Mais j'ai, sous la première étreinte, En ma tremblante main, senti trembler ta main; Nous nous taisions, goûtant comme une extase sainte A savoir que l'amour nous guettait en chemin. Reviens. Ce cher passé peut encore renaître; La forêt n'est pas moins ombreuse qu'autrefois ”
Robert Brasillach,
Présence de Virgile
(1989)
“ Théocrite avec ses bergers qui sentent la présure fraîche, ses femmes bavardes, ses amoureuses violentes qui préparent des charmes devant la lune, ses enfants qui mordent à leur verte jeunesse, ses moissonneurs qui dorment en plein midi, ses dieux parmi les vignes et les bois, et toute la richesse des saisons alternées. Virgile se doutait peut-être qu'il faudrait attendre vingt siècles avant qu'on retrouvât le goût de la nature et de ses précisions sensuelles avec un égal génie. ”
André Chénier,
Œuvres complètes de André Chénier…
“ Et comme la cigale, amante des buissons, De rameaux en rameaux, tour à tour reposée, D’un peu de fleur nourrie et d’un peu de rosée, S’égaie ; et des beaux jours prophète harmonieux, Aux chants du laboureur mêle son chant joyeux. ”
Charles Martins, La Trente-septième réunion de l’Association britannique pour l’avancement des sciences
“ Loin de dépouiller le monde de ses merveilles et de ses mystères, la science nous les révèle. Le givre, dont les arborisations, semblables à des feuilles de fougères, couvrent nos vitres par une froide matinée d’hiver de dessins si capricieux en apparence, démontre comme les plus brillantes expériences la transformation de la chaleur en mouvement. ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ En faisant la cueillette des raisins pour la vendange, on ne devait pas revenir sur ses pas pour ramasser les grappes oubliées dans la vigne, mais les laisser à la disposition des pauvres et des étrangers. Lev., xix, 10 ; Deut., xxiv, 21. Pour le vigneron qui donne tous ses soins à la vigne de celui qui le prend à son service, il est juste qu’il participe à son fruit. I Cor., ix, 7. Le repos de l’année sabbatique concernait aussi les vignes. Durant la septième année, on ne devait ni semer, ni tailler la vigne, ni récolter, Exod., xxiii, 11 ; la loi est reprise. ”
Virgile,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Dans le premier âge de la vigne, alors qu'elle pousse des bourgeons nouveaux, ménage un bois si tendre ; et même quand, devenu plus fort, il s'élance dans les airs et y déploie ses jets effrénés, ne va pas le toucher encore avec le tranchant de ta faux : contente-toi d'arracher avec tes mains les feuilles une à une, et d'éclaircir le couvert. ”
Robert Brasillach,
Présence de Virgile
(1989)
“ Des ruches rappelaient à Virgile son père et son enfance. Des tilleuls et des pins mêlaient leurs parfums entêtants et salubres, des poiriers durs, des pruniers, fléchissaient sous les fruits. Et près de la maison, était un platane à l'ombre duquel on pouvait boire. Le maître du jardin était un vieillard, un sage. De ses conversations, Virgile rapportait le modèle d'une vie plane, ensoleillée, simple. Les fruits d'été, ses vertes plantes, la fraîcheur de l'air, étaient les seuls désirs dont un être humain dût subir l'esclavage. ”
