Léon Pamphile LeMay

Résumé

Léon Pamphile LeMay Contes vrais

Je me vis enveloppé de noir, et la neige qui s’étendait partout, n’avait plus de reflets et paraissait une mer sombre. « Étoile des mages, m’écriai-je éploré, perce le voile affreux qui me dérobe le ciel, et conduis-moi vers l’Enfant-Dieu que je veux adorer ! »
Ô surprise ! ô bonheur ! À peine le Seigneur a-t-il entendu ma prière qu’il fait paraître, au milieu des airs enténébrés, une étoile radieuse, grande comme la lune. Sa lumière se mit à pleuvoir en paillettes d’argent sur la terre qui allait être sauvée, et le clocher recommença plus joyeusement son hymne de gloire.
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Léon Pamphile LeMay Contes vrais

La petite Irénée Caron, c’était la femme de Célestin. Nous partîmes d’un éclat de rire.
— As-tu encore peur de mes écus blancs ? demanda Graindamour, en tirant de son gousset quelques pièces d’argent.
La malheureuse fille pâlit tout à coup. Elle regardait les écus avec une fixité inquiétante, comme si elle eut vu s’y dessiner des figures extraordinaires. Soudain, elle repoussa la main de Célestin et s’enfuit en criant :
— J’ai peur ! j’ai peur ! j’ai peur !
— Pauvre Henriette ! soupira mon ami.
Après une minute, il ajouta :
— Il n’y a pas au monde d’arme plus redoutable que la langue.
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Léon Pamphile LeMay Contes vrais

Nous marchions à grands pas, Célestin Graindamour et moi, plongés l’un et l’autre dans cette pensée absorbante d’une intervention surnaturelle, quand le tintement d’une clochette fit vibrer la forêt, comme le cri métallique de ce petit oiseau solitaire qui chaque soir salue le soleil couchant. Célestin dit :
— C’est le bon Dieu.
— Le bon Dieu ? répétai-je un peu surpris.
La petite cloche sonnait de temps en temps, à l’approche des habitations, pour inviter les gens à s’agenouiller. Célestin murmura d’une voix singulière :
— C’est peut-être pour Henriette.
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