“ Que chacun dit tout haut : « C’est une demoiselle ! Où prend-elle cet air délicat et discret ? Fille de paysans, comment, par quel secret A-t-elle ce teint blanc qu’on ne voit chez aucune ? Sort-elle seulement la nuit, au clair de lune ? Ou bien, pour s’y baigner, connaît-elle un ruisseau, Quelque source enchantée ? Ah ! sans doute au berceau Elle reçut les dons d’une fée ou d’un ange ! » Telle est, sur son chemin, l’unanime louange. ”
Damné
Définition et enjeux
Citations sur “damné”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ En même temps que le valet d’Helain, arrivait à la cour une demoiselle portant un écu suspendu à son cou. Elle dit à la reine : « Madame, la plus sage demoiselle qui vive vous mande salut, et vous fait cet envoi ; elle connaît le secret de toutes vos pensées, et vous avertit de garder cet écu pour guérir la plus grande douleur que vous ayez eue jusqu’à présent. — Voilà, répond la reine, de bonnes raisons de le conserver ; bonne aventure à qui l’envoie ! mais ne pourrai-je savoir quelle est cette sage demoiselle ? — Madame, elle se nomme la Dame du lac. » ”
Clair Tisseur , Le Littré de la Grand'Côte
“ Peut-être est-ce pour cela qu’on l’a nommé de dame. DAMER, v. a. — Serrer le pavé ou pilonner la terre avec une dame. DAMOCHE, s. f. — Une dame qui n’est pas dame et qui veut faire la dame. Je ne connais rien de plus laid. Le même air que moi si j’étais habillé en général. Quidque in loco. Mais par ce temps où le peuple est tout, personne ne consent à être peuple. DAMOISEAU, s. m. — « On appelle ainsi un jeune homme qui fait le beau, et qui affecte de s’attacher aux dames ; dites dameret. » (Molard.) ”
Edmond Mandey, L’Amant de Gaby
“ Je n’ai pas l’honneur de connaître Madame votre épouse, mais enfin... c’était moi !... — Le malheur, c’est que ma femme a une robe absolument semblable à la vôtre, une robe bleue comme celle que vous portiez tout à l’heure... et ce qui acheva de me convaincre, le même chapeau... Avouez que c’est une coïncidence... — Cela prouve que votre femme a beaucoup de goût si elle s’habille comme moi... Voilà tout... alors, c’est pour cela que vous êtes entré ici, par la fenêtre, comme un fou, prêt à me rosser avec votre canne... Merci, vous allez bien, vous !... ”
Léopold Favre, Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l'Aunis (1867)
“ En roman damedex, est un jurement qui signifie jour de Dieu. G. P. « Damere o l'est que, « O nest pas faux, glest in maitre pastur. » (Abbé Gusteau, Poésies patoises, p. 49.) DAMIOCHE, s. f. Diminutif de damoisele. Femme qui n'ayant pas le titre de dame, porte robe de soie et crinoline avec la coiffe de paysanne. On sait que la damoiselle au moyen-âge n'avait pas le titre de dame, parce qu'elle était épouse d'un simple damoisel ou d'un écuyer. En latin dominus, domina, contractés en domnus, domna. Du celtique dam ou dem, particule diminutive employée seulement dans les composés. ”
Francis Jammes,
De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir
“ TU SERAS NUE... Tu seras nue dans le salon aux vieilles choses, fine comme un fuseau de roseau de lumière, et, les jambes croisées, auprès du feu rose, tu écouteras l’hiver. À tes pieds, je prendrai dans mes bras tes genoux. Tu souriras, plus gracieuse qu’une branche d’osier, et, posant mes cheveux à ta hanche douce, je pleurerai que tu sois si douce. Nos regards orgueilleux se feront bons pour nous, et, quand je baiserai ta gorge, tu baisseras les yeux en souriant vers moi et laisseras fléchir ta nuque douce. Puis, quand viendra la vieille servante malade et fidèle frapper à la porte en nous disant : ”
Charles Demange,
Le Livre de désir : histoire cruelle
“ Je me souviens d’une courtisane brutalement dénudée, les bras pris en arrière dans sa robe, et des boucles aux tempes... De quelle ombre la lumière lui chargeait la poitrine ! ... Vous connaissez, monsieur, des jeunes femmes qui mettent de la grâce à grouper, près de leur bergère tous les aimables mots qu’on leur propose ! D’aucun visiteur, il ne semble pas qu’elles acceptent rien : au vrai nul ne se retire satisfait de soi. Elles nous grisent et nous éloignent. ”
César Famin, Légendes rouges, livre de chroniques françaises et étrangères… (1833)
“ Vogue, vogue, nacelle , Porte à sa belle Le tendre amant! Et puis elle s'enfuit comme épouvantée de sa propre audace, et se cacha derrière un massif de rochers. Vaine précaution ! l'heureux Damiano avait poussé sa barque avec une ardeur extrême; quelques minutes lui avaient suffi pour atteindre le rivage ; il y, avait attaché sa nacelle, et à peine la jeune fille avait-elle eu le, temps de s'accroupir derrière son rocher, que son amant était auprès d'elle. Les amours vont plus vite au village qu'à la ville , parce qu'on y est plus simple et plus sincère. ”
Karl Milo, Les débauches d'un confesseur
“ Avec le tact que donne l'amour vrai, Damiens avait deviné cette lutte : — Ne me dites pas vos secrets, mademoiselle Catherine, je ne vous les demande pas. pas plus que vous ne me demandez les miens. Laissez-moi seulement vous dire qu'avant d'être au service de personne, je suis dès à présent à votre service à vous, et pour jamais : je ne réclame qu'une chose, c'est, le jour où vous aurez à votre tour besoin que quelqu'un se dévoue pour vous, qu'il me soit permis d'être ce quelqu'un, et de donner, pour vous tirer d'un péril, cette existence qui vous appartient. ”
Marie-Victorin,
Croquis laurentiens
“ Sur le flanc d’une demoiselle, tout près du Cap, s’érigent le mât et l’antenne du sans-fil et dans le val, les yeux ne voient qu’un éparpillement de confetti, qui sont des maisonnettes, et des semblants de petits bois qui ont l’air de vouloir rapiécer la robe verte des demoiselles. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Parmi les demoiselles-mannequins, qui, dans les salons de Worth, montrent et promènent sur leurs sveltes corps, les robes de l’illustre couturier, il est une demoiselle, ou plutôt une dame mannequin, dont la spécialité est de représenter la grossesse de la high-life. ”
É. Souvestre, Revue des Deux Mondes
“ Toinette se hâta de dresser la table devant le foyer, où flambait une de ces bourrées de traînes ramassées à la lisière des taillis. Elle déploya une nappe de grosse toile à franges et apporta des assiettes ornées de figures et de légendes rimées. Celle qui m’échut en partage reproduisait l’histoire d’Henriette et Damon, cette odyssée de l’amour parfait, c’est-à-dire malheureux et fidèle. Le Berquin populaire qui avait rimé l’amoureuse légende y racontait, avec une simplicité enfantine, le premier aveu des deux amans et la visite de Damon au père d’Henriette. ”
Charles Monselet,
Les frères Chantemesse. Un caprice de Mme de Pompadour
(1873)
“ Je n' ai jamais bien regardé ce Damiens . Il ne plaisait pas à mon grand'père ; il déplaisait à ma mère . La tante S. .. ne pouvait pas le souffrir . Est -il laid ? Je l' ignore ; il y a des gens qu' on verrait pendant des années sans pouvoir les connaître . Damiens est de ceux-là . Dimanche . J' ai été injuste hier à propos de Damiens . Mon caractère s' aigrit dans la solitude . C' est aux soins de Damiens que je dois d' être encore vivante . C' est lui qui m' a conduite jusqu' au seuil du couvent des Dames de Sainte-Luce . ”
Jean-François de Saint-Lambert,
Les Saisons
“ Damon vole, s’élance, & Lise est dans ses bras. O Lise ! Il faut un prix à l’amour le plus tendre. Ciel ! Où suis-je ? ô Damon ! Qu’osez-vous entreprendre ? N’espérez rien de moi, Damon, retirez-vous. O ma mere ! ô Lucas !.... Damon à ses genoux Prodigue les serments, les larmes, les caresses ; Il cherche à la tenter par d’immenses promesses : Elle résiste à tout ; les pleurs de ses beaux yeux, Des cris tantôt plaintifs & tantôt furieux, Des mots qui vont au cœur, sa pudeur & sa grace, D’un amant effréné n’arrêtoient point l’audace ”
Charles Le Goffic,
Les Romanciers d’aujourd’hui
“ Une jeune fille simplement, la demoiselle moderne, qui fait la demoiselle avant que d’avoir fait toutes ses dents, comme Mme Avril est la femme moderne uniment, la femme du monde qui ne se résout à son rôle de mère qu’avec les cheveux gris et la patte d’oie. ”
Madeleine de Scudéry,
Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance…
“ C'est au milieu de cet entourage que l'on peut se figurer la bonne demoiselle, en robe gris de lin, les cheveux grisonnants, mais la taille encore droite, avant que l'âge et les infirmités l'eussent forcée de garder la chambre, se promenant dans son jardin, ou assise avec sa chatte favorite sur ses genoux, par une belle soirée d'été, prêtant l'oreille au caquetage de son perroquet, auquel se mêlent les bruits confus du Petit-Marché et l'Angelus du couvent des Enfants-Rouges. ”
Auguste Dumont, Paris-Éros. Première série, Les maquerelles inédites
“ Celui dont le jour est d’être femme, fait la popote, récure, lave, reçoit les baisers, les bourrades et souvent les taloches de l’autre, car on y est très jaloux. Dans d’autres, le rôle femme est continuellement tenu par le même, affublé d’un nom féminin, et on y entend des choses de l’espèce, dites avec conviction par des similis qui ont quarante, cinquante, soixante ans : — Viens, Marie, que j’embrasse ta jolie bouche, tes beaux yeux... ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Quand, en effet, tu t’approches d’une femme, c’est par devant ; aussi t’embrasse-t-elle au visage. Mais le jeune daim, quand tu l’approches, est obligé de se courber et de la sorte, songe ! il embrasse la terre ! ”
Jean Baptiste Michel Ouvrard de La Haye, Le déporté de la Mayenne ou Le Batave heureux (1902)
“ Les demoiselles, tenant de leur mère, sont bien faites et jolies, et s'occupent sans cesse sous les yeux de leur mère, ou vont apprendre à coudre, à broder, à faire des robes pour s'habiller elles-mêmes. ”
Paul Bourgette, Le parfum de la Dame Noire (1911)
“ Savoir tomber avec grâce, quel art utile pour une femme ! On n’insultera jamais une femme qui tombe avec grâce. Méditez cela, mes sœurs de France. Ah ! ces petites noires, que de nuits blanches on passerait à leur demander des leçons.Il est vrai que parfois elles vont un peu loin, mais leurs intentions demeurent toujours pures. On trouve parmi les féticheuses du Dahomey de jeunes vestales, foncées et ardentes comme du bitume en ébullition, qui entretiennent, à défaut de feu sacré, une agréable excitation chez les témoins de leurs ébats chorégraphiques. ”
Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée, Œuvres de monsieur Nivelle de La Chaussée
“ Damon, froidement. Tout bien examiné, vous verrez qu’un mari Ne doit jamais aimer que la femme d’autrui. Durval. Tu ris. Suis-je venu pour mettre la réforme ? Damon ironiquement. Le serment de s’aimer n’est donc que pour la forme ? L’intérêt le fait taire ; il ne tient qu’un moment... (Vivement.) Dis-moi, trahirois-tu tout autre engagement ? ”
Catulle Mendès,
Le Roi vierge
(1886)
“ Qui leur demandait de faire fleurir des paradis de chastes délices sur les flancs et entre les seins des femmes ? O cruels tentateurs ! Le flanc conçoit et enfante , le sein se gerce sous la dent , et allaite . Ce n' est pas vrai que les cheveux soient faits de soleil et d' or , et que le satin des peaux soit comme celui du lys , et que les larmes aient la claire fraîcheur des rosées et des perles ! La bouche bave sous la limace du baiser . Les enchantements de la poésie , environnant et dérobant le vrai , sont des guirlandes autour d' une ”
Henri Dumesnil, Le Salon de 1859 (1859)
“ Sous de grands arbres hauts sans branches, qui se détachent sur un ciel éclatant et léger, une femme demi-nue est assise; sans doute elle sort de l'eau, que son pied touche encore, et une compagne arrange sa chevelure. On voit dans le fond une troisième figure de femme qui lit, debout, adossée à un arbre. Il est difficile de dire qui l'emporte du paysage ou des figures dans cette délicieuse peinture, traitée un peu à la manière décorative; le certain est qu'elle est pleine de charme, très-agréable à voir, et d'une couleur excellente. ”
Germain Nouveau,
Valentines et autres vers
“ Il en est encore une au monde, Je la rencontre quelquefois, Je dois vous dire qu’elle est blonde Et qu’elle habite au fond des bois. N’était que Vous, Vous êtes brune Et que Vous habitez Paris, Vous vous ressemblez... sous la lune, Et quand le temps est un peu gris. Or, dernièrement, sur ma route J’ai vu ma fée aux yeux subtils : « Que faites-vous ? » — « Je vous écoute. » — « Et les amours, comment vont-ils ? » « Ah ! ne m’en parlez pas, Madame, C’est toujours là que l’on a mal ; Si ce n’est au corps... c’est à l’âme. L’amour, au diable l’animal ! » — « Méchant ! ”
Th. Aube, Revue des Deux Mondes
“ Brunes et petites, avec des cheveux d’un noir d’ébène et des pieds andalous, ces femmes, couvertes de fleurs et de diamans, savent à peine lire les billets parfumés de leurs novios, et seraient le plus souvent fort embarrassées d’y répondre. ”
J. Autran, La Vie rurale, scènes poétiques
“ Collier d’or, blanche robe et longs rubans au front, La reconnaissez-vous ? C’est elle, c’est Clairon. Dans ses nouveaux atours elle est vraiment si belle, Que chacun dit tout haut : C’est une demoiselle ! ”
Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée, Œuvres de monsieur Nivelle de La Chaussée
“ La douceur de Constance a dû te satisfaire. Quel autre auroit ainsi ménagé son époux ? Je suis sûr que vos cœurs s’entendent mieux que vous. Durval. Trop de timidité me punit & la venge. Damon. C’est une cruauté... Durval. C’est une cruauté...Ma foiblesse est étrange : Mais enfin... Quelqu’un vient. C’est Florine, je crois ? Je te laisse ; sers-moi pour la derniere fois. (Il sort.) Scène II DAMON, FLORINE, éloignée.Damon. Que l’amour-propre abonde en mauvaises défaites, Quand il faut réparer les fautes qu’on a faites !... S’il me désavouoit ?... Ah ! trop cruel ami !... ”
Alexis Piron,
Oeuvres complettes d’Alexis Piron
“ VALÈRE, à Damis Mais vous, que sentez-vous encor pour la comtesse ?DAMIS Plus d’amour que jamais.ÉRASTE J’ai la même foiblesse. Elle est de qualité ; cela flatte mon goût. Une belle bourgeoise est belle, & puis c’est tout. Mais, dans la qualité, que d’appas j’imagine ! Qu’une femme bien noble a je crois la peau fine ! ”
George Sand,
Narcisse
(1858)
“ Plus étrange encore, presque belle par moments, puis, tout à coup, vieille de cent ans et se rendant justice sur ce point par l’entier délaissement de ce qui fait le charme, je dirais presque le sexe de la femme. C’était un être qui n’appartenait pas à l’humanité, que l’on pouvait invoquer à genoux, mais non pas serrer dans ses bras. ”
Francis Jammes,
Le Deuil des primevères
“ Mais quand le Printemps vient, je prends une femelle, lorsque l’azur est rose et que le verger blanc. Nous volons quelques jours ensemble, sans savoir ce qui gonfle nos cœurs de graines et d’espoir. Puis, pour faire leur nid aux œufs bleus qui vont naître, ne trouvant pas pour eux de choses assez douces, nous tapissons le cœur de la plus tendre mousse avec le duvet clair tombé de nos caresses. LE POÈTE Moi aussi, dans le temps, j’avais une maîtresse plus nue et plus jolie que n’est ce pays-ci. ”
Mathieu Marais, Contes et nouvelles de La Fontaine (1858)
“ V. LES AVEUX INDISCRETS 1. Paris sans pair 2 n'avoit en son enceinte Rien dont les yeux semblassent si ravis, Que de la belle, aimable et jeune Aminte, Fille à pourvoir, et des meilleurs partis. Sa mère encor la tenoit sous son aile ; Son père avoit du comptant et du bien; Faites état 3 qu'il ne lui manquoit rien. Le beau Damon s'étant piqué pour elle, Elle reçut les offres de son coeur : Il fit si bien l'esclave de la belle, Qu'il en devint le maître et le vainqueur, Bien entendu, sous le nom d'hyménée ; Pas ne voudrais qu'on le crût autrement. ”
George Sand,
La Famille de Germandre
(1861)
“ Malgré le contraste de cette toilette princière et du costume de toile et d’étamine de la demoiselle de campagne, la ressemblance était réelle, saisissante et marquée jusque dans des détails particuliers. Les mains, fort belles, étaient un peu grandes, les cheveux noirs et abondants, le teint brun, l’œil très-doux, les épaules un peu hautes, les coudes un peu serrés au corps. Il semblait qu’elle allait agir et marcher avec cette gaucherie mêlée de grâce qui caractérisait son homonyme. ”
Edmond Plauchut, Revue des Deux Mondes
“ Des femmes de tous les âges, aux petits bonnets et aux jambières dorées, aux vestons de satin soutaché, aux fins caleçons d’où débordent des formes sinon appétissantes, du moins rebondies, y font briller des coraux, des perles, des diamans à éblouir un aveugle. ”
Roland Dorgelès,
Le Cabaret de la belle femme
“ Il y avait bien aussi les filles de la ferme, la demoiselle des postes, la coiffeuse, les épicières — toutes les femmes étaient épicières, au front, les autres lavaient le linge — mais comment leur faire tenir un rôle convenable dans un roman d’amour ? ”
