J. Autran

Élements biographiques

J. Autran,  Revue des Deux Mondes

“ Soudain, le front voilé d’une pâleur mortelle :
— Ciel !... que vois-je ? Cléry !... Cléry ! s’écria-t-elle.
Pas un accent de plus. Dans ce cœur oppressé,
Dieu seul a pu savoir ce qui s’était passé,
Brisé par les douleurs de la cruelle route,
Appauvri de son sang qui coulait goutte à goutte,
Cléry, les yeux éteints, muet, sans mouvement,
Gisait dans les torpeurs d’un morne affaissement
Sur un lit du dortoir on coucha le malade :
— Vous aurez soin, ma sœur, du pauvre camarade.
N’est-ce pas, dit Muller, vous en aurez grand soin ?
Que nous allons souffrir, forcés d’en être loin !
”
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J. Autran,  Revue des Deux Mondes

“ Du danger, comme lui, Muller se fait un jeu.
Héroïque fourrier, — il l’était depuis peu, —
Il combat hors des rangs. Debout sur une roche :
— Je suis Muller, dit-il ; malheur à qui m’approche ! –
Son fusil rechargé résonne à chaque instant.
Un chef maure, vêtu d’un splendide caftan,
Distingue le fourrier, voit sa pose, intrépide,
Bondit, l’atteint au vol de son coursier numide :
— Rends-toi ! rugit le cheik, sur lui levant le fer.
— Arrière, galopin ! riposte le Muller. -
C’en est fait, il est mort, quand, plein d’un beau courage,
Le svelte et blond Cléry s’élance et le dégage.
”
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J. Autran,  Revue des Deux Mondes

“ Pour nommer seulement un des deux, le Muller,
D’une tête légère il m’avait un peu l’air.
— Ni Muller, ni Rousseau, malgré leur double hommage,
Dit-elle, n’ont laissé dans mon cœur une image.
Tous deux viendraient, tenus par leur engagement,
Que je n’en choisirais aucun, certainement.
— Que veux-tu dire, enfant ? Est-ce un vœu qui te lie ?
— Oui, presque un vœu, mon père ! Ou sagesse, ou folie,
Votre fille jamais n’acceptera d’époux.
Tenez, rien ne doit être en moi caché pour vous :
Un homme seul me plut, un seul toucha mon âme.
”
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