Roland Dorgelès,
Le Cabaret de la belle femme
“ Rendus fous par deux jours de bataille, ils allaient comme des bêtes forcées, la bouche, béante, les yeux hagards, poussés par la peur de périr sous leurs propres obus. Ils ne pensaient plus à rien, qu’à sortir de cet enfer. — Mais regarde-les galoper, les deux cochons, haletait Mahieu dont la course devenait pesante. Hé ! les boches, pas si vite... Vous n’entendez donc pas ce qu’on vous dit ? Grandjean, qui avait plus de souffle, nargua son camarade : — Tu peux toujours gueuler, lui dit-il en pressant l’allure. Ils ne comprennent pas un mot. ”
