Résumé

Carnets d'un soldat en Haute-Alsace et dans les Vosges… (1917)

Un chat-huant se lamente sur un bouleau voisin. Les pieds dans la boue glaciale des tranchées, frissonnant malgré leurs couvertures, les soldats veillent.
A moins de cent mètres, il y a l'Allemand, il y a l'ennemi.
Noël ! Noël ! Il est onze heures.
Les cloches carillonnent, annonçant la grande fête, la fête de la paix. A leurs appels, la foule se presse vers les églises qui s'embrasent. Comme on va prier pour les soldats !
En face de nous, dans la tranchée ennemie, une trompette allemande chante la Heilige Nacht. Les sons très purs remplissent la forêt.
Source : Gallica

Carnets d'un soldat en Haute-Alsace et dans les Vosges… (1917)

Debout, sur la tranchée, nous hurlons comme des fous. Si l'étang n'était devant nous, je crois que nous partirions tous les quinze, sans raison et sans but, grisés par la bataille, saouls de poudre et de bruit. Cette ivresse est incompréhensible pour ceux qui n'ont pas combattu. Nos obus font des boules de feu dans le bois qui s'assombrit, mille échos promènent, de ravin en ravin, le long des chênes centenaires, les crépitements des mitrailleuses et les éclatements des canons. Et les Boches basculent, en pleine course, culbutés comme des lapins qu'abat le plomb du chasseur.
Source : Gallica

Carnets d'un soldat en Haute-Alsace et dans les Vosges… (1917)

Portier ramassait du bois, trois cents mètres en arrière de la ligne de tranchées, lorsqu'un Boche, un de ces tireurs habiles dispersés sur tout le front, lui a flanqué une balle qui l'a foudroyé.
Eh bien, vraiment, ça c'est idiot !
La mort de ce bûcheron qui va chercher des souches pour chauffer ses camarades, de cet homme sans armes, de ce soldat sans fusil, est stupide.
Mourir en défendant une tranchée, soit ! mourir en attaquant, tomber, la baïonnette haute, avec, dans les yeux une vision de victoire, superbe !.
Source : Gallica

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