Résumé

Marc Citoleux Les Terribles. Souvenirs de guerre (1928)

Un soldat se précipite, s'arrête sur le bord, épouvanté, mais son élan l'emporte et il pique la tète dans l'eau. Un gros sergent-major s'élance ; c'est la trombe du désespoir ; et il s'enfonce dans les marécages de l'autre bord.
Pour nous reposer de nos émotions ou de nos fatigues, on nous laisse libres chaque jour à 5 h. 30.
Nous faisons le tour des remparts boisés de la ville ; et quand on obtient la permission, ce qui est rare, on franchit les portes. Semblables à toutes les villes fortes, Toul est congestionnée par ses remparts,
comme un soldat replet, sanglé par son ceinturon.
Source : Gallica

Marc Citoleux Les Terribles. Souvenirs de guerre (1928)

Toujours et partout, il faut dormir habillé, sur la paille et en compagnie des rats. Presque toujours aussi, quelle que soit l'heure du lever, le soldat est éveillé- par
l'appel au jus. C'est toujours enfin un même et continuel va-et-vient. La soupe, le rata, le bouilli, le café, toute cette molle et diurétique nourriture entraîne d'impérieux déplacements. Dans une baraque Adriant, comme à Vadelaincourt, il est facile de gagner la porte. Dehors, on est payé de sa peine par le spectacle des nuits. On respire l'air frais, on regarde les étoiles, on entend gronder le canon ou l'avion bourdonner.
Source : Gallica

Marc Citoleux Les Terribles. Souvenirs de guerre (1928)

Rien n'est plus charmant que ces lendemains de relève. C'est la liberté absolue. Les officiers et les sous-officiers dorment de leur côté. Il suffit d'être levé pour la soupe. Assis ou étendus, trempant du pain dans le café fumant, les soldats s'interpellent d'un bout à l'autre de la salle. Chacun sort de la paille à son heure.
Il n'y a de gêne et de besogne que pour les cuisiniers qui sont en camp volant. Mais Douche ne plaint pas sa peine. Dès le matin, il travaille et cause, les bras retroussés.
— Avez-vous une peau de mouton, Douche ? lui demande le capitaine.
Source : Gallica

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