Géo Vallis, En Allemagne : impressions d'un évadé… (1918)
“ C'est peu, nous aurons faim, grand'faim, mais je crois cependant fermement que nous n'en mourrons pas. Par la lucarne de la porte où glisse un peu de lumière et dont souvent je m'approche, je ne vois d'abord que des choses dures : au premier plan, tout près de mon visage, le va-et-vient de la sentinelle dont la baïonnette semble prolonger contre le ciel le fer du casque pointu; plus loin, le double grillage barbelé du camp, le dos moutonnant des baraques accroupies dans le sable, et quelques plumets de pins immobiles sur les sérénités d'en haut. ”
