Résumé

Souvenirs de captivité d'un mobile de la Somme en Allemagne… (1879)

Aussi, ce tableau pittoresque me va-t-il à l'âme et j'oublie un instant où je suis; j'écoute le vent du nord qui gémit à travers les arbres, faisant ébouler de temps à autre la neige attachée à leurs cimes, ou court à travers la forêt avec une rapidité sauvage, se heurte contre les sapins, tord leurs branches, où brise leurs troncs comme du verre. En vérité on se croirait dans une de ces forêts vierges de l'Amérique du Nord, si le sifflet de la locomotive, la voix des compagnons et la faim ne nous rappelaient à la réalité.
Source : Gallica

Souvenirs de captivité d'un mobile de la Somme en Allemagne… (1879)

Nous pouvons nous procurer de la bière excellente, quoique fabriquée par des ennemis. Un assez nombreux essaim de blondes filles d'Eve reçoivent en riant des œillades et des baisers provocants, lancés avec ensemble par les Français.
Le temps est toujours très-dur, il nous fait une continuelle grimace : il gèle à pierre fendre, neige, pleut, vente violemment sans cesser une minute ; la toile de tente qui nous sert de carreau à la portière est gelée et raide comme une planche ; notre haleine a fait pousser dessus des myriades de glaçons qui miroitent à la lumière du jour.
Source : Gallica

Souvenirs de captivité d'un mobile de la Somme en Allemagne… (1879)

Le terrain change d'aspect, il devient plus plat, plus riant ; l'œil croirait voir un paysage français, un paysage picard, si ce
n'étaient ces têtes coiffées de casques et ces paysans vêtus de peaux des pieds à la tête, chaussés de bottes inqualifiables, coiffés d'un bonnet en drap recouvert de poils et serrant entre leurs dents leur inséparable calumet de porcelaine. Je vois même, sur une petite éminence, un moulin à vent construit en briques bariolées et tournant à toute vitesse, qui ferait, j'en suis sûr, pâmer d'aise mon cher ami M. H., grand amateur de cette sorte de chose.
Source : Gallica

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