Henri Dumesnil

Élements biographiques

Henri Dumesnil Corot : souvenirs intimes (1875)

Hier Corot était encore dans la lutte obstinée, ou plutôt dans le triomphe, triomphe tardif, mais éclatant. Demain la justice impérissable, la gloire commencera pour son nom.
Aujourd'hui, messieurs, dans cet instant funèbre, où son cercueil est encore sous nos yeux, et le souvenir de l'homme dans notre mémoire à tous, nous devons autant que l'artiste honorer l'homme de nos regrets. Sa longue vie fut heureuse dans sa sérénité, et son cœur fut un cœur d'or. Jamais l'envie n'effleura sa bonne âme, toujours gaie et toujours riante, et sa charité fut de tous les instants et intarissable.
Source : Gallica

Henri Dumesnil Le Salon de 1859 (1859)

Une étude peut tout contenir en germe, mais il y a autant de distance d'elle à un tableau parfait que d'une graine à un grand arbre. Aussi les études ne devraient guère sortir de l'atelier; alors cesserait l'abus qu'on a fait de la peinture lâchée, où toute composition est absente, et on ne se contenterait pas de donner le nom de tableau à une esquisse plus ou moins réussie, au hasard de la fenêtre ouverte. Il est toujours plus difficile de mener une œuvre à fin que de la commencer, et telle toile qu'on admirait à l'état d'ébauche aura perdu tout son charme quand elle séra achevée.
Source : Gallica

Henri Dumesnil Corot : souvenirs intimes (1875)

Je crois que c'est bien l'impression de la nature, autant que la fiction peut en donner l'idée en souvenir de la réalité. La nature n'est jamais deux minutes semblable à elle-même, mais au contraire toujours changeante selon la saison, le temps, l'heure et la lumière, le froid ou le chaud ; tout cela constitue sa physionomie, et c'est ce qu'il importe de bien traduire : un jour ceci, demain cela, et, une fois bien pénétré de ces divers accents, il faut en faire un ensemble qui sera ressemblant si vous avez bien vu.
Source : Gallica

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