Henri Dumesnil

Résumé

Henri Dumesnil Corot : souvenirs intimes (1875)

Hier Corot était encore dans la lutte obstinée, ou plutôt dans le triomphe, triomphe tardif, mais éclatant. Demain la justice impérissable, la gloire commencera pour son nom.
Aujourd'hui, messieurs, dans cet instant funèbre, où son cercueil est encore sous nos yeux, et le souvenir de l'homme dans notre mémoire à tous, nous devons autant que l'artiste honorer l'homme de nos regrets. Sa longue vie fut heureuse dans sa sérénité, et son cœur fut un cœur d'or. Jamais l'envie n'effleura sa bonne âme, toujours gaie et toujours riante, et sa charité fut de tous les instants et intarissable.
Source : Gallica

Henri Dumesnil Corot : souvenirs intimes (1875)

Je crois que c'est bien l'impression de la nature, autant que la fiction peut en donner l'idée en souvenir de la réalité. La nature n'est jamais deux minutes semblable à elle-même, mais au contraire toujours changeante selon la saison, le temps, l'heure et la lumière, le froid ou le chaud ; tout cela constitue sa physionomie, et c'est ce qu'il importe de bien traduire : un jour ceci, demain cela, et, une fois bien pénétré de ces divers accents, il faut en faire un ensemble qui sera ressemblant si vous avez bien vu.
Source : Gallica

Henri Dumesnil Corot : souvenirs intimes (1875)

Corot fut, comme tous les vraies génies, d'une abondance inépuisable. Nul ne fut plus laborieux et fécond et n'aima mieux son travail et son art. Nul ne respecta davantage les sources divines et l'impartialité étrangère aux soucis vulgaires de la foule. Ce peintre pastoral, harmonieux, vif et doux, nous a exprimé l'âme de la nature, plutôt que le menu de ses réalités; il adorait les champs, mais c'était pour en entendre les voix, les bruits et les chansons, les frémissements de la feuille, et pour saisir les légers brouillards chers aux nymphes et les lueurs fugitives des crépuscules.
Source : Gallica

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