Ouida

Ouida

Résumé

Portrait de Ouida Ouida Fille du diable ! (1888)

Elle soupira faiblement : Les enfants... les enfants!... puis elle ne bougea plus; elle avait si froid, et la neige tombait si épaisse; elle ne pouvait ni se mouvoir, ni rien voir autour d'elle; elle se croyait dans son lit, à la maison, et sentait qu'elle allait s'endormir.
Dans l'épaisse obscurité, une forme humaine parut, qui s'avançait rapidement; elle semblait voler, silencieuse et rapide comme un oiseau de nuit. Elle s'arrêta près de la vieille femme.
Une voix timide et fière, tendre et farouche, parla au milieu de la tourmente des nuages de neige.
Source : Gallica

Portrait de Ouida Ouida Fille du diable ! (1888)

Tarie étendit ses membres nerveux à la chaleur de la flamme et répondit :
— Il y aura autant de bonnes grappes de raisin l'année prochaine qu'il y en a cette année-ci. Qu'importe cela? Ce n'était qu'une femme. Elle m'a aimé, elle me croyait un dieu, un diable, un prince, un chef, toute sorte de choses... les autres le croyaient aussi. Elle était lasse de la vie qu'elle menait, lasse du moulin et du marché. Elle était belle, et les imbéciles l'appelaient une sainte. Quand une femme est jeune et belle, c'est dur d'être adorée de cette manière-là.
Source : Gallica

Portrait de Ouida Ouida Fille du diable ! (1888)

Folle-Farine souffrait de la faim, du froid, de la fatigue; car la fièvre l'avait affaiblie et lui avait donné le dégoût de la nourriture grossière qu'on lui réservait au moulin. Cependant elle continuait sa route avec courage. Elle savait qu'à la hutte de Marcellin l'attendaient un bon accueil et un sourire, une voix qui la saluerait d'une bonne parole, un visage qui la regarderait avec bienveillance.
Il lui importait peu que le vent mugit, que la grêle crépitât, que les gens fussent joyeux dans leurs demeures et oubliassent le vieillard et elle-même.
Source : Gallica

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