Résumé

Portrait de Wilhelmine von Hillern Wilhelmine von Hillern Le couvent de Marienberg : récit du XIIIe siècle (1885)

Le voilà, ce fils tant désiré...., blême, tout défait, un bandeau sanglant sur les yeux. Le père recule en chancelant. Son regard se fixe avec épouvante sur cette image de douleur. Non, non, ce n'est pas lui ; il y a erreur, ce n'est pas Donat.
« Donat! crie-t-il d'une voix étranglée, Donat! mon fils! où est-il donc?
— Me voici, » répond le jeune homme.
Pour s'assurer que c'est lui en effet, le père lui arrache brusquement le bandeau du visage : deux orbites caves le regardent fixement.
Un cri échappe au vaillant homme, un cri tel que le sang des religieux se glace dans leurs veines.
Source : Gallica

Portrait de Wilhelmine von Hillern Wilhelmine von Hillern Le couvent de Marienberg : récit du XIIIe siècle (1885)

Beata s'arrêta devant la hutte :
« Cache-toi ici, pendant que je vais parler au pâtre.
— Pour l'amour de Dieu, Beata, tâche d'aviser. Je ne puis attendre ici jusqu'au soir; si je manque encore la duchesse, c'en est fait de toute espérance.
— Eh bien, je ne vois qu'un moyen, c'est que tu changes de vêtements avec le berger. Qu'il troque son sarrau contre ton froc.
— Quitter l'habit de mon ordre ! s'écria Donat interdit; jamais, jamais! La sainte règle me le défend.
— Alors, résigne-toi à rester ici jusqu'à la nuit. Il n'y a de possible que de ces deux choses l'une. »
Source : Gallica

Portrait de Wilhelmine von Hillern Wilhelmine von Hillern Le couvent de Marienberg : récit du XIIIe siècle (1885)

Il demeura ainsi longtemps sans parler, pas un souffle ne venant le réveiller de son extase. En cet instant de bonheur suprême, la jeune fille était comme une sainte patène où le Seigneur versait sa grâce.
Tout à coup Donat se releva.
« O mon Dieu! le temps fuit, et je m'attarde ici à rêver! Viens, Beata, viens, ma fidèle compagne; recommence à me guider. »
Et les deux malheureux de reprendre leur course haletante. Mais qu'est-ce que cela veut dire? Est-ce le parfum enivrant de la fleur de bruyère, ou bien la fièvre, qui le fait chanceler? Donat sent les forces lui manquer.
Source : Gallica

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