Henry Daguerches

Résumé

Henry Daguerches Le kilomètre 83 (1913)

«Ah! la vie, Tourange!» Eh bien, je vis, et ma vie est à moi. Je ne sais si vous me saisissez bien. Égoïste, je ne crois pas... Mais je suis dans ma vie comme un enfant au milieu de jouets merveilleux, quelques-uns mécaniques et compliqués, un chemin de fer, par exemple... Et je voudrais dire merci, et je ne sais à qui, mais à coup sûr pas aux mouches, pas au soleil, ni au petit jekko, ni à Henry Vigel, ni à Mureiro Vanelli... Et ce nonobstant—achevai-je avec mon sourire le plus cordial—je pense que je puis faire très bon ménage avec chacun de ces seigneurs.
Source : Gutenberg

Henry Daguerches Le kilomètre 83 (1913)

Dieu, qu’elle était jolie, la péronnelle! J’étais jeune, un ange du ciel pour le manque de malice, et j’y allais de tout mon cœur. Et j’ai failli pleurer quand j’ai appris—trois semaines après l’appareillage du Lotus blanc, qui s’appelait à l’époque le Kwang ping—les fiançailles d’Elsa Vanelli avec Herr Graf von Faulwitz. J’ai failli pleurer, simplement, niaisement, sans même penser à prendre une revanche...
Vigel secoua la tête et but machinalement une gorgée de la liqueur couleur de sang, que j’avais versée dans son verre.
Source : Gutenberg

Henry Daguerches Le kilomètre 83 (1913)

Je m’étonne d’entendre Moutier répliquer railleusement:
—Bah! vous exagérez, Barnot. Et je dis comme Tourange: pourquoi refuserions-nous la charité à ces hommes de Dieu?
Moutier n’a guère coutume de pécher par excès de tendresse à l’égard des hommes de Dieu de n’importe quel pays du monde, et j’imagine qu’il cède, en ce moment, au seul plaisir de contredire Just Barnot, allié de l’Ennemi.
—... Est-ce,—poursuit-il, du même ton d’agressive ironie—parce qu’ils vont répandant partout la légende du gong d’or, noyé dans le marais? Vous la connaissez, n’est-ce pas?
Source : Gutenberg

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