William Chapman

William Chapman

Résumé

Portrait de William Chapman William Chapman Les Fleurs de Givre

Chaque femme, réjouie, en verve, jase, jase,
Brûlante du désir de voir lever le camp,
Pour aller éparer, faire le pémican,
Soigner ceux qu’a cloués au sol quelque blessure.
Le temps passe. Minuit approche en l’ombre obscure,
Et les vaillants chasseurs, restés toujours Français,
Ne cessent de vanter l’éclat de leur succès,
Et de robustes mains à tout moment s’étreignent.
Cependant par degrés les longs propos s’éteignent
Avec les feux, dont l’âme ardente en cet instant
Ne jette dans la nuit qu’un reflet tremblotant.
Dans le désert tout dort, le vent, la feuille, l’aile.
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Portrait de William Chapman William Chapman Les Fleurs de Givre

D’abondance, de paix, d’orgueil, d’espoir et d’aise.
Quel avenir nous est promis ! quelle genèse !
Dans leur ascension vers le Beau, vers le Grand,
Rien ne peut arrêter les fils du Saint-Laurent.
Nulle race ne fut plus féconde et virile.
Hier encor nous étions à peine neuf cent mille,
Nous serons dans cent ans plus de vingt millions.
Nés d’un peuple chez qui bat le cœur des lions,
D’un peuple qui partout sème, fonde et délivre,
Aux bords laurentiens nous voulons faire vivre,
Sous le fier tricolore ou sous les fleurs de lis,
La France des Pasteurs, des Pascals, des Clovis.
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Portrait de William Chapman William Chapman Les Fleurs de Givre

Maint villageois tout bas raconte que Loubier,
Un soir, au bord d’un lac, vendit son âme au diable.
***
Cependant l’hiver s’est abattu sur les bois.
La neige jour et nuit déroule son suaire ;
Et la bise gémit comme un glas mortuaire
À travers les longs bras des arbres aux abois.
L’aspect de la forêt glacée attriste et navre
Le trappeur. Il s’y croit plus oublié, plus seul,
Et songe que peut-être, un jour, le blanc linceul
Qui tombe du ciel noir couvrira son cadavre.
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