Résumé

J. B. Caouette Les voix intimes: Premières Poésies

Un creuset où notre âme, au feu de la souffrance,
S'épure et sent grandir en elle l'espérance.
Il vit, l'homme qui sait ses crimes pardonnés,
Il entrevoit du ciel les justes couronnés;
En mourant au péché, son âme se délie
Et recouvre aussitôt la véritable vie.
Vivre enfin, ici-bas, c'est souffrir et lutter;
Vivre aussi, c'est le Christ! mourir, c'est triompher!
Notre corps, je le sais, est tiré de la terre,
Et doit, après la mort, redevenir poussière;
Mais l'âme--souffle pur sorti du coeur de Dieu--
Quittera pour toujours ce misérable lieu!
Source : Gutenberg

J. B. Caouette Les voix intimes: Premières Poésies

Son coeur à se rompre palpite,
Et son esprit va délirant:
«Dieu donne au riche l'opulence
Avec la joie et le bonheur;
Au pauvre, il donne l'indigence
Avec l'envie et la douleur!
«Le riche emplit de friandises
Le bas soyeux de son bambin
Et moi je n'ai que des reprises
A faire au bas de l'orphelin...
«Mais je blasphème, ô Dieu! pardonne,
Dit-elle, en tombant à genoux!
Ma pauvre langue déraisonne,
Car c'est toi qui veilles sur nous.
«Sombre ou rose est notre existence:
De ton amour c'est le secret;
A notre âme il faut la souffrance,
Comme à l'or il faut le creuset.»
Source : Gutenberg

J. B. Caouette Les voix intimes: Premières Poésies

Allemands et Français combattent face à face
Et semblent décidés à vaincre ou bien mourir,
Car lorsqu'un soldat tombe, un autre le remplace,
Convaincu qu'à son tour la mort va le saisir!
La mort, sans préférence, enlève aux deux armées
Des hommes de valeur, que dis-je? des héros!
Elle n'a pas d'égard pour leurs jeunes années,
Non! comme les blés mûrs ils tombent sous sa faux!
O mort, cruelle mort! pour assouvir ta haine,
Tu fais couler à flot le sang de tous ces preux;
Tu plonges à la fois dans le deuil et la peine
Des mères au coeur d'or et des enfants heureux!
Source : Gutenberg

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