Félix Andry

Résumé

Félix Andry Un touriste en Algérie (1845)

Tandis qu'ainsi, narguant la houle, Nous noyons nos chagrins, et que l'heure s'écoule, Alger est devant nous, Alger qui pour nos yeux Présente tout d'abord un aspect merveilleux ; Alger qui, s'accoudant à demi sur la pente D'un coteau dont le pied avec grâce serpente, Dentelé par le flot amer, S'échelonne en gradins, splendidement étale De sa vive blancheur la pompe orientale, Et mire dans la vaste mer Ses tours, ses bastions, ses murailles flanquées De canons aujourd'hui dormant sur leurs affûts, Et de ses toits pressés l'assemblage confus, Et ses longs minarets, flèches de ses mosquées.
Source : Gallica

Félix Andry Un touriste en Algérie (1845)

Voyez, couchés sur ces rivages, Au pied de ces figuiers sauvages Inclinés vers notre chemin, Nos spahis, la bride à la main, Qui, sans craindre un sinistre rêve, Ont jeté là pour sommeiller Leur burnous rouge sur la grève Et pris un roc pour oreiller : Tableau plein de vie et de charmes, Mélange de chevaux et d'armes Où notre regard se complaît, Scène pour nous inattendue, Et qui, pour être bien rendue, Voudrait les pinceaux d'un Charlet.
Qu'ai-je vu? sous l'ombre d'un arbre, A terre étendu tristement, Le général, plus froid qu'un marbre, Pâlit de moment en moment.
Source : Gallica

Félix Andry Un touriste en Algérie (1845)

Comme un dernier signal la cloche a retenti, Et, tel que le coursier qui piaffe sur l'arène, Le navire frémit du pont à la carène, Il prend sa course, il est parti.
Et nous, du haut de la dunette Vers l'horizon lointain promenant la lunette, Nous scrutons du regard l'immensité des mers ; Ou parfois, pénétrés d'une douce tristesse
Et de vagues regrets plus suaves qu'amers, Nous contemplons fuyant avec vitesse, Et s'effaçant sous la brume du soir, La rive où coulèrent nos larmes, Où nous voyons encor, souvenir plein de charmes, Comme un muet salut, flotter plus d'un mouchoir.
Source : Gallica

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